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Opinion: LE CORONA DU VOISIN

Le Corona virus. L’appellation  est plutôt belle. On eût dit un programme informatique à la mode. Pourtant, le fameux virus pompeusement appelé corona fait très peur. Il fait si peur que le monde s’enferme à double tour. Depuis son apparition, la parade trouvée est la fermeture. Toutes les portes se ferment. Les frontières se ferment. Les écoles se ferment. Les églises se ferment. Même dans les maisons, les portes se ferment. Voilà un virus apparu en Chine à des milliers de kilomètres qui fait fermer les portes des écoles au Sénégal, en France, en Italie, en Iran, etc.

Dans un monde si partitionné, si divisé, si compartimenté avec des frontières partout, où aller et venir n’est pas donné à tout le monde, où le visa définit encore grandement qui doit entrer et qui ne le doit pas, comment le corona virus a t’il pu circuler en l’espace de quelques semaines entre tous les continents de la terre ?

C’est tout simplement effrayant. Il a survolé toutes les mers et tous les océans. Il a traversé les déserts et les forêts. Il a survolé monts et vallées. Il a franchi toutes les barrières et toutes les portiques. Il a échappé à tous les scanners sophistiqués du monde. Avant de s’en rendre compte, le virus était déjà dans les chambres. Et dire qu’il a réussi à faire fermer tous les stades et toutes les salles de spectacle.

Le virus nous ramène à une question simple : dans quel monde sommes-nous ? De quelle société sommes-nous membres ? Le Corona virus étale à nos yeux une vérité  limpide : nous avons des destins liés sur la terre. Nous voici ramenés à la dure réalité : nous sommes si loin les uns des autres mais on n’a jamais été si proche face au Corona virus. Si Loin mais si proche.

Certains avaient parlé de village planétaire. Mais en réalité, nous sommes tous habitants d’une même maison. Nous habitons la même maison, une maison appelée terre. On a beau multiplié les cloisonnements, il demeure toujours qu’il s’agit d’une seule et même maison. Si elle coule quelque part, toute la maison sera mouillée. Si elle est percée à quelque endroit, toute la maison est menacée. Nul n’est à l’abri tant que le colocataire est en danger. Nul ne sera davantage en sécurité tant qu’un colocataire creusera sans discernement dans la maison commune sans se soucier de la tranquillité des autres.

Nos frontières ne nous serviront à rien si chaque locataire gère son espace comme s’il était propriétaire de toute la maison. Nul ne devrait fermer les yeux face aux activités des autres. Ne jouons plus à l’indifférence face à ces locataires qui s’amusent avec les colonnes de la maison. Ouvrons les yeux face à ceux qui jouent avec les aérations de la maison.

Qui eût cru qu’une quinte de toux à Wuhan en Chine mettrait en danger un paisible paysan à Lama-Kara au Togo ? Nous n’avions pas compris que Wuhan était la chambre d’à côté. Los-Angeles n’est séparé que d’un rideau avec une campagne du Niger. L’Australie a beau être au bout du monde. Il est séparé du Bénin d’un mince et léger cloisonnement de sorte que celui qui tousse à Melbourne peut déranger voir contaminer le colocataire situé à Cotonou.

Il aura fallu le Corona virus pour nous faire comprendre que Kim Jong-Un n’est en fait qu’un voisin (peut être encombrant). Il ne peut pas tout se permettre dans son espace alloué qui est la Corée du Nord. Il nous mettrait tous en danger. De la même façon, tous ces programmes scientifiques menés dans le plus grand secret dans certaines parties du monde nous concernent tous. Ils se déroulent juste dans la pièce d’à côté. Nous ne devrions pas dormir les poings fermés. Le Corona virus du voisin à Wuhan vient de nous montrer qu’il était juste à côté de nous.

Dr Elvis ABOU

Source: matin libre

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