60 ans de relation entre le Canada et le Bénin: « C’est une coopération qui a beaucoup évolué… », indique Myriam Pierre-Louis

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Le Bénin coopère avec le Canada depuis 60 ans. Une coopération plus que jamais solide et qui n’est prête de s’arrêter. Myriam Pierre-Louis, Cheffe de coopération canadienne au Bénin et chargée d’affaires décrit la cordialité de ce partenariat historique et hautement bénéfique surtout pour les femmes et filles béninoises, dans toutes les dimensions.

 

Le Canada coopère avec le Bénin depuis 60 ans. Que retenir de cette coopération six décennies après ?

Myriam Pierre-Louis : Ce qu’il faut retenir est que c’est une coopération qui a évolué dans le temps parce qu’il y a des gens qui travaillent avec la coopération canadienne depuis maintenant une trentaine d’années. On a un bureau d’appui, un service sur le terrain. On a des employés qui sont là depuis 20 ans, 25 ans. Un bureau dans le passé qui a fermé et qui a rouvert. Le bureau que je représente maintenant a été rouvert en 2017 et voir l’évolution de la relation, ce bureau prend de l’ampleur depuis ce temps. Au début, il y avait un employé canadien seulement. Maintenant, nous sommes deux employés canadiens dont moi la Cheffe de coopération et un premier secrétaire. Nous avons trois employés locaux et nous visons avoir un autre employé local au cours de l’année. Donc ça évolue depuis 2017. L’objectif en 2022, c’est d’avoir une présence plus importante basée sur des aspects de développement, de commerce, de politique. C’est donc une coopération qui est en évolution constante et qui prend de l’importance.

Quelles sont les particularités de cette relation quant aux autres représentations diplomatiques ?

Le Canada  depuis 2017 a lancé une politique d’aide internationale féministe. Ce que cette politique préconise, c’est que les femmes et les filles sont au centre de toutes les interventions. C’est une politique qui met l’accent sur le renforcement du pouvoir des femmes e et des filles et leur autonomisation. Nous avons comparativement à d’autres coopérations, beaucoup de projets qui sont axés vraiment sur les femmes et les filles. Les grands secteurs dans lesquels on intervient sont ceux de la santé à travers plusieurs projets. La santé sexuelle et reproductive en l’occurrence. Nous avons aussi la lutte contre la violence basée sur le genre. On intervient également dans le secteur de la microfinance depuis une dizaine d’années. Là, on accorde une grande importance à la place des femmes afin qu’elles soient bien représentées dans ce secteur. Autre secteur, c’est l’agriculture où on intervient également. On appuie un projet de femmes productrices de riz. Donc voyez, dans tous les secteurs, on met les femmes au centre, on encourage la participation des femmes, on encourage leur autonomisation. Dernièrement, le Canada a un autre projet qui s’appelle « Voix Leadership des Femmes » et qui encourage l’organisation des droits des femmes en renforçant leurs capacités de faire des plaidoyers et de gérer leurs organisations. C’est donc ainsi qu’on pense à aider ces organisations des droits des femmes pour leur place dans la société. C’est en résumé cette place qu’on accorde aux filles et aux femmes dans toutes nos actions.

Les premières années de coopération entre le Bénin et le Canada furent marquées par la construction du Collège Polytechnique Universitaire (Cpu) de l’Université d’Abomey-Calavi. 60ans après, quel est l’état de cette coopération dans l’éducation.

Dans l’éducation, ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il y a plusieurs collaborations entre des universités canadiennes et l’Université d’Abomey-Calavi et des programmes aussi. Par exemple, le Canada a le centre de recherche en développement international qui a une collaboration avec des Universités ici au Bénin pour former des étudiants qui font des études de doctorat. Il y en a plusieurs qui ont été formés. Il y a la bourse de la Francophonie qui existe depuis plusieurs années, et chaque année il y a des cohortes d’étudiants qui vont étudier au Canada et qui reviennent. Donc, la coopération en éducation est une coopération de longue date qui continue encore et c’est qu’on va pouvoir représenter avec un événement qu’on prévoit le mercredi 16 mars. Donc c’est une collaboration d’éducation qui continue et que j’espère continuera à travers ses nombreux aspects. En clair, nous avons un niveau de coopération en lien avec la Francophonie, le centre de recherche en développement international. Mais le Canada est aussi un grand pays avec plusieurs provinces comme la province du Nouveau-Brunswick et son Université ; la province du Québec et ses universités de Laval et de Montréal. Donc c’est une collaboration qui a plusieurs aspects dont des projets de développement en éducation. Nous avons bien compris la priorité du gouvernement du Bénin pour la formation professionnelle puisque ça fait partie de l’éducation aussi. C’est un aspect qu’on va beaucoup développer dans nos projets.

Plus d’un demi-siècle de partenaire au développement au Bénin. Comment comptez-vous marquer cette 60e année de coopération ?

Nous voulons marquer ce jalon important dans nos relations premièrement à travers une journée de lancement pour annoncer ces 60 ans de coopération en ayant un événement à l’Université d’Abomey-Calavi. Au cours de cet événement, nous aurons notre Ambassadrice en premier lieu avec le représentant du Ministère de l’enseignement supérieur, le Recteur…; qui vont prononcer des discours. Après ça, nous aurons une table ronde sur l’éducation avec justement comme je l’ai mentionné, quelques-uns des béninois ayant étudié au Canada et qui travaillent. Ceci, pour parler avec eux de leurs expériences professionnelles et tout ce qui va avec. Nous aurons au cours de cette journée, des séances d’informations de la part des organisations avec qui nous sommes en collaboration et ce, sur les projets financés au Bénin. Nous allons pouvoir avoir aussi des représentations et entreprises canadiennes qui interviennent ici au Bénin. Donc cette première journée portes-ouvertes sera l’occasion de montrer plusieurs aspects de notre coopération. C’est un des premiers événements. Ensuite, nous savons que le 1er juillet c’est la fête du Canada et le 1er août, celle nationale du Bénin. Nous aimerions organiser des événements dans ce mois-là pour souligner la particularité des relations entre les deux pays. Nous avons prévu d’autres événements après le lancement de cette semaine. On va intensifier notre présence sur les médias et réseaux sociaux pour faire passer des messages qui montrent aux béninois les aspects de cette coopération, au bout de 60 ans.

L’appui au développement du Canada est soutenu par une politique féministe très forte. C’est à juste titre quand ton sait le combat que mènent les uns et les autres pour une véritable égalité du genre dans le monde. Comment comptez-vous la renforcer pour une meilleure appropriation et intégration du genre dans notre société.

La politique féministe comme je l’ai mentionnée plutôt a au centre le renforcement du pouvoir des femmes et des filles et leur autonomisation. Cette politique a en fait été élaborée parce que le Canada croit qu’avec la participation des femmes et des filles dans les sociétés, on aura un monde prospère. Donc déjà dans nos interventions, les femmes et les filles sont au centre. Dans tous nos projets, nous exigeons qu’il y ait des spécialistes d’égalité des genres. Nous avons plusieurs projets qui sont centrés sur les femmes et les filles. J’ai déjà plus haut mentionné les secteurs dans lesquels on intervient dont celui de la santé à travers plusieurs de nos projets qui s’intéressent à la femme et à la fille. On a des projets en agriculture où nous mettons l’accent sur  la participation des femmes et leur autonomisation. Notamment un projet qui s’appelle l’appui aux femmes dans la filière de riz. Donc c’est un projet qui aide les femmes productrices de riz à améliorer la production et la transformation. Maintenant, nous travaillons avec ces femmes à une pérennisation tout en les aidant à mieux conquérir le marché local. Nous avons un projet qui s’appelle « Voix et leadership des Femmes » qui met au centre l’organisation des Voix des femmes en renforçant leurs capacités de gestion, de plaidoiries pour qu’elles puissent prendre leurs places dans la société. Ce que nous voyons pour l’avenir va être des projets qui vont encourager l’entrepreneuriat des femmes. Donc depuis qu’on a lancé cette politique en 2017, on a vraiment mis les femmes et les filles au centre de tout ce qu’on fait. Nous sommes très encouragés aussi par les efforts qui sont faits au Bénin, au niveau législatif. En 2021, on a vu que le Bénin a voté trois  lois qui encouragent plus l’autonomisation des femmes et la lutte contre les violences faites aux femmes. Nous croyons comme partenaire technique et financier que le travail que nous faisons est vraiment aligné sur les priorités du gouvernement béninois. Nous voulons donc continuer à travailler dans ce sens et à coopérer avec le gouvernement du Bénin pour l’amélioration des situations de la femme et leur autonomisation.

Quel horizon pour la coopération avec le Bénin ?

À l’instar de la politique d’élargissement de notre représentation diplomatique au Bénin, nous continuerons à financer des projets. Nous avons des projets prévus pour l’année 2022-2023. Nous avons prévu travailler avec le gouvernement en tenant compte du PAG2. L’avenir, c’est que nous sommes encore là et nous allons continuer notre collaboration pour aider le Bénin et son gouvernement à mettre en œuvre son grand programme et travailler pour ces priorités. L’avenir donc, c’est de continuer à travailler dans ce sens.

Réalisation : Janvier GBEDO

Société – Matin Libre

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