Abuja craint cette résurgence des velléités sécessionnistes biafraises.

0 0

Pour les partisans de Nnamdi Kanu, par contre, tout cela n’est que tentative d’oppression de leur guide, ce Moïse Biafrais censé les guider hors du joug du Nigeria, ou plutôt de chasser les autorités fédérales de la zone sécessionniste. Quoi qu’il en soit, le leader de l’IPOB continue de se cacher, sans pourtant arrêter de faire sentir sa présence à un gouvernement nigérian qui ne sait plus quoi faire pour dompter cette résurgence des velléités sécessionnistes biafraises.

 

Enfant de la guerre

Avant 2009, peu de gens avaient entendu le nom de Nnamdi Kanu. Rien de plus normal quand on sait que c’est cette année-là que le Nigérian a créé Radio Biafra. Avant cette année-là, la guerre civile ayant mené, en 1967, à la destruction de l’éphémère nation du Biafra n’était plus qu’un évènement historique, une sourde douleur tue par les peuples Igbo, localisés au sud-est du Nigeria. Mais l’avènement de Radio Biafra viendra mettre fin au silence. La station diffusait des émissions destinées au Nigeria, depuis Londres, où vivait Nnamdi Kanu, né le 25 septembre 1967 dans la ville d’Umuahia.

Avant 2009, peu de gens avaient entendu le nom de Nnamdi Kanu.

Son enfance est bercée par les histoires de la chute du Biafra que lui racontait son père, avec qui il vivait, non loin du Bunker des forces armées de l’ancienne région sécessionniste.

Son enfance est bercée par les histoires de la chute du Biafra que lui racontait son père, avec qui il vivait, non loin du Bunker des forces armées de l’ancienne région sécessionniste.

Après ses études primaires et secondaires, ainsi que quelques années à l’université fédérale du Nigeria, il part pour la Grande-Bretagne. Il trouve du travail dans le secteur de l’immobilier et y consacre tout son temps, jusqu’à la création de Radio Biafra. A partir de là, il donne ses journées à son emploi et ses nuits à de longues diatribes destinées à raviver la flamme de la sécession Biafraise. Il rejoint ensuite le Mouvement pour la réalisation de l’Etat souverain du Biafra (Massob), mais finit par le quitter pour fonder le mouvement des peuples autochtones du Biafra (IPOB) en 2013.

Puis Nnamdi Kanu affirme que les Igbo sont les descendants d’une tribu d’Israel.

Son discours prend une dimension religieuse après un passage en Israël. Pour lui, les Igbo, principale ethnie de la région sécessionniste sont des descendants d’une tribu d’Israel et son rôle est de les conduire dans un Biafra indépendant, leur terre promise.

Son discours prend une dimension religieuse après un passage en Israël. Pour lui, les Igbo, principale ethnie de la région sécessionniste sont des descendants d’une tribu d’Israel et son rôle est de les conduire dans un Biafra indépendant, leur terre promise.

De plus en plus dur, Nnamdi Kanu réclame l’indépendance du Biafra et le départ des autorités nigérianes de ce territoire.

Radicalisation et arrestation

Le chef de l’IPOB franchit la ligne rouge lorsqu’il appelle ses sympathisants à prendre les armes, en 2015 lors du congrès mondial Igbo à Los Angeles. « Nous avons besoin d’armes et nous avons besoin de balles (…) Si nous n’obtenons pas (la création du) Biafra, tout le monde devra mourir », déclare-t-il. A partir de là, les autorités nigérianes le prennent très au sérieux.

« Si nous n’obtenons pas (la création du) Biafra, tout le monde devra mourir »

Il est arrêté à son hôtel en octobre 2015, lors d’une visite dans la république fédérale. Il sera libéré sous caution 10 mois plus tard sans que son ardeur ne soit émoussée. « Je suis plus déterminé que jamais », assure-t-il. Malgré la saisie de ses passeports britannique et nigérian comme condition de sa libération, il réussit à disparaître des radars à la fin de l’année 2017. Sa famille et ses partisans accusent alors le gouvernement nigérian et les forces armées d’avoir fait disparaitre le leader de l’IPOB. Il réapparait pourtant en octobre 2018, sur une vidéo où il est vu en train de prier en Israël. Il sera de nouveau vu quelques semaines plus tard en Grande-Bretagne. Avant l’élection présidentielle de 2019, son mouvement menace de boycotter le scrutin avant de finalement se résoudre à y participer. En décembre 2020, Nnamdi Kanu a annoncé la formation de l’Eastern Security Network (ESN), une force de sécurité dédiée à la région du sud-est du pays, favorable à son combat. Très vite, sa force armée se retrouve opposée à l’armée, notamment à Orlu, en décembre 2020. La confrontation dure une semaine entière et voit même l’ESN repousser une première offensive de l’armée nigériane. Cette dernière finit néanmoins par prendre le dessus.

Très vite, sa force armée se retrouve opposée à l’armée, notamment à Orlu, en décembre 2020. La confrontation dure une semaine entière et voit même l’ESN repousser une première offensive de l’armée nigériane. Cette dernière finit néanmoins par prendre le dessus.

Depuis, les forces armées nigérianes traquent les milices de l’IPOB et recherchent activement Nnamdi Kanu. Ce dernier a vu son compte Facebook être supprimé en février 2021. Il se rabat alors sur Twitter et c’est notamment l’une des raisons pour lesquelles le président nigérian décide, le 5 juin dernier, de suspendre le réseau social dans son pays.

Ce n’est bien évidemment pas la seule raison, mais selon plusieurs sources, la prolifération de comptes Twitter favorables à la sécession Biafraise dérangeait énormément le pouvoir central nigérian.

Pour le moment, les autorités nigérianes continuent de rechercher Nnamdi Kanu. Mais plus que la personne du leader de l’IPOB, c’est le spectre d’une escalade et d’un nouveau conflit entre les Biafrais et l’armée nigériane que craignent les autorités. De 1967 à 1970, cette guerre avait fait plus d’un million de victimes. A cette époque Muhammadu Buhari se trouvait déjà dans le premier cercle du pouvoir militaire.

Politique – Matin Libre

Leave A Reply

Your email address will not be published.