Après 22 ans passés aux Etats-Unis: Léon Ligan alias ‘’Kaléta’’ au bercail avec beaucoup de projets

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L’artiste a débuté sa carrière musicale sur sa terre natale et l’aventure l’a entraîné au Nigéria puis après au pays de l’oncle Sam, en Amérique, où il vit depuis 22 ans. Il a fait un tour rapide au pays, les bras chargés de projet et d’initiative. Marié et père de quatre enfants, Léon Majek Ligan alias ‘’Kaléta’’ est un digne fils de Porto-Novo. Nous sommes allés à sa rencontre samedi 22 mai 2021 et il en parle.

Matin Libre : Qu’est-ce que ça fait de retrouver son pays après tant d’années passées en terre étrangère ?

Léon Majek Ligan alias ‘’Kaléta’’ : C’est la joie au comble tout simplement. J’ai décidé de revenir d’abord pour voir ma mère, les frères et sœurs, en tout cas, toute la famille que je n’ai plus eue le temps de voir il y a longtemps. Par ailleurs, j’ai aussi des initiatives que je veux travailler également. C’est vrai que mon séjour est très court mais c’est fondamentalement pour ça que je suis descendu.

La musique que vous faites c’est le Jazz. Vous avez fait avec un grand nom de la musique africaine, Fela Anipolako Kuti. L’aventure ça a commencé comment ?

 En 1981, j’ai décidé de m’associer à Sonny Adé, une grande figure de la musique Nigériane. C’est comme cela que chemin faisant, j’ai rencontré pour la première fois Fela Kuti. C’était en 1986. Avec Sonny Adé nous faisions de la Juju music. C’est du Pop légèrement mélangé à de l’afro beat. Mais quand j’ai rencontré Fela, je suis rentré dans le Jazz à fond. Si je suis allé voir Fela, c’est pour apprendre un métier. J’ai joué avec son orchestre en tant que guitariste. Je faisais la guitare solo et la basse. Au début, j’avoue que ça n’a pas été facile, puisque Fela ne croyait pas encore que je peux quelque chose avec lui.

Aujourd’hui vous êtes à votre propre compte. Vous avez beaucoup d’albums à votre compteur, parlez-nous un peu de cela.

J’ai 157 chansons réparties sur 22 albums. C’est tellement nombreux que je ne me souviens même plus des titres. Cette année, j’ai sorti par exemple quatre albums. Entre autres, il y a ‘’Afro fire’’, le feu africain. C’est un projet Afro, un mélange de genre. Les trucs de Poly Rythmo, tout ce qu’on écoutait quand on était petit. C’est un projet qui est très important et avec ça je peux peut être amené le groupe ici.

Et bien le projet sur lequel vos compatriotes béninois vous connaissent le plus c’est ‘’Kaléta’’ et c’est le plus vieux d’ailleurs. Dites-nous pour avoir associé cet art de la rue à la musique Jazz quelle impression ça vous a donné ?

J’ai choisi d’abord le nom ‘’Kaléta’’ parce c’est traditionnel. Je voulais un nom qui sera facile pour tout le monde à appeler. Du coup, c’est devenu aussi mon pseudonyme et en même temps le titre de mon premier album. C’était un mélange de tout ce que j’ai écouté dans mon enfance.

Guitariste à temps plein, basiste en studio, vous avez aujourd’hui 16 orchestres. Comment est-ce que vous les gérez ?

J’affecte à chacun de mes projets un groupe d’artistes musiciens avec qui j’exécute spécialement l’initiative. Mais ce n’est pas qu’après le projet je les abandonne. On poursuit le travail même si le projet est achevé. Du coup, lorsque je sens le besoin de revenir sur un projet, je fais juste appel au groupe avec lequel j’avais travaillé sur ledit projet. Donc, ils sont à ma charge entièrement. Actuellement, je travaille avec un groupe, les ‘’Sopa Yamba’’. Nous sommes sept dedans. Les membres de ce groupe étaient déjà constitués et moi je suis venu m’ajouter à eux.  Donc ça s’appelle ‘’Kaléta’’ et ‘’Sopa Yamba’’.

22 ans au pays de l’oncle Sam, mais vous semblez bien ne pas oublier vos racines ?

Non. Ce qui m’échappe, c’est seulement le français que l’anglais domine maintenant à mon niveau. Sinon le Yoruba, le Goungbé, le Fongbé et le Nago en digne fils de la cité aux trois noms Adjatchè, Hogbonou, Porto-Novo, je les roule bien.

Que pensez-vous de l’industrie musicale au Bénin ?

Moi, je sais bien qu’il y a de très grands talents dans ce pays. Et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle je suis descendu. Je vais découvrir les talents qui ne sont pas bien connus et les développer. Parce que j’ai une maison de disque qu’on appelle ‘’Afro beat origies record’’. Donc, je vais produire les jeunes qui ont besoin de moi gratuitement. Ils ne vont rien payer. Au contraire, je vais même les payer. Une manière de les encourager à continuer afin que la relève soit assurée.

La suite de séjour ici, parlez-nous-en ?

Je compte venir ici avec le groupe pour une tournée nationale. J’envisage relever le niveau de mon pays le Bénin au plan musical pour qu’on vienne si possible au niveau du géant voisin, le Nigéria que j’ai beaucoup fréquenté. Je sais comment ça fonctionne. Certes, le Bénin est un petit pays mais notre culture est très forte. Et donc, il faut prouver au monde ce de quoi nous sommes capables. La tournée, je l’ai prévue pour le mois de juin et ça ira jusqu’en juillet. Je serai là pour redécouvrir mon pays.

 

Teddy GANDIGBE   

Culture – Matin Libre

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