Au sujet des vestiges et de la semaine culturelle: Jean Michel en parle sur Rfi

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26 œuvres d’art du Bénin sont exposées depuis mardi 26 octobre 2021 et jusqu’à dimanche 31 octobre 2021 au musée du Quai Branly à Paris. Emmaanuel Macron a inauguré l’exposition hier après-midi. Le président français devrait confirmer à cette occasion que l’acte de transfert des œuvres sera signé le 9 novembre prochain à l’Élysée, en présence du président béninois Patrice Talon. Les pièces seront transférées dans la foulée à Cotonou. Comment les autorités béninoises se préparent-elles à cet événement ? Où seront accueillies les 26 œuvres à court, moyen et long terme ? Le ministre béninois de la Culture Jean-Michel Abimbola va participer ce mercredi à la cérémonie au Quai Branly.

 

RFI : L’acte de transfert des 26 œuvres va être signé dans les prochains jours en présence des présidents Macron et Talon, quel est le sentiment qui vous anime à quelques jours de cet évènement, de la joie ? De la satisfaction ?

Jean-Michel Abimbola : Cette information me donne une satisfaction relative parce que nous venons de franchir une étape décisive, historique, mais ce n’est qu’un début par rapport à cette coopération que nous avons voulu implémenter, que le gouvernement du Bénin et son président ont voulu avoir avec la partie française.

Qu’est-ce que représente cette restitution pour la population béninoise ?

C’est une étape dans la réappropriation de la culture béninoise, du patrimoine béninois, dans le fait de mettre la culture, l’art, et le patrimoine au cœur de notre développement. La requête pour la restitution des œuvres, ce n’est pas seulement sur une question de principe, c’est parce que c’est une question de développement, une question de coopération et que ces œuvres vont servir d’amorce et de pompe pour révéler le Bénin au monde, donc c’est une étape décisive dans la mise en œuvre du programme d’action du gouvernement béninois.

À quel moment les œuvres quitteront-elles Paris pour Cotonou ?

Tout de suite après la signature de l’acte de transfert les formalités seront faites pour le départ des trésors du Bénin vers leur pays d’origine.

Est-ce qu’il y aura une cérémonie à l’arrivée de ces œuvres pour fêter leur retour au pays 130 ans après ?

Oui, bien évidemment, vous pensez bien que ces œuvres ne peuvent pas revenir au Bénin dans l’indifférence. Il est bien évident qu’à l’arrivée, pour symboliser le retour des œuvres, il va y avoir une série d’évènements. Les œuvres seront accueillies à l’aéroport de Cotonou. Elles iront en acclimatation pendant un ou deux mois. Et après la période d’acclimatation, nous allons avoir une série d’évènements, d’abord à la présidence de la république pour symboliser le retour au pays des œuvres. Après celles-ci seront à Ouidah, dans le Fort portugais, dans un premier temps dans la maison du gouverneur, en exposition temporaire jusqu’à ce que ces œuvres aillent dans leur écrin, qui est le Musée de l’épopée des amazones et des rois du Danhomè à Abomey, et ça, c’est à l’horizon 3 ans. Je crois que nous pourrons évidemment poursuivre cette politique qui est historique

Avez-vous formulé d’autres demandes de restitution à la France ?

Nous n’avions pas formulé de façon spécifique la demande de restitution pour les 26 œuvres, nous avons formulé une demande de portée générale. Nous avons réclamé, nous avons souhaité, et ça a été acté dans le programme de travail commun, un inventaire pour que nous soyons de part et d’autre mieux informés et voir comment nous pouvons programmer la poursuite de cette coopération.

La sculpture du Dieu Gou, par exemple, c’est une pièce que vous avez réclamée déjà à la France ?

Oui, vous le savez, bien évidemment nous avons réclamé cette pièce emblématique. Nous continuons de discuter avec la partie française et nous ne désespérons pas de trouver des accords dans les prochains mois, dans les prochaines années. Pas seulement pour le Dieu Gou, mais y compris pour d’autres pièces. Vous savez bien qu’il ne s’agit pas de 26 œuvres ou de 30 ou de 50, nous sommes bien au-delà, mais nous avancerons de façon intelligente avec nos partenaires français. Après avoir discuté ensemble, je crois que nous pourrons évidemment poursuivre cette politique qui est historique et c’est le lieu de féliciter le président Patrice Talon et bien évidemment le président Emmanuel Macron.

Source : RFI

Culture – Matin Libre

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