Aux lendemains du coup d’Etat en Guinée : Panique chez les timoniers au pouvoir en Afrique

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Ça sent la peur. Après le coup d ‘Etat en Guinée qui a renversé Alpha Condé il y a quelques jours, la sérénité légendaire chez certains présidents en exercice depuis plus de deux mandats s’est subitement évaporée. Du moins, il s’est observé depuis lors, des signes de fébrilité criante avec notamment les présidents Paul Biya, Alassane Ouattara et Faure Gnassingbé qui se traduisent par des réajustements tous azimuts de leur dispositif sécuritaire ou dans l’armée. Evidemment, quand on a des choses à se reprocher, devant le vent du désespoir qui souffle contre les pourfendeurs de la démocratie chèrement acquise, on se barricade derrière une garde présidentielle, renforcée et plus sûre ou derrière une hiérarchie militaire formée d’hommes de confiance. Malheureusement, l’histoire nous enseigne que la meilleure assurance, c’est le respect des engagements et des lois librement votées et entérinées par le peuple. D’ailleurs, Alpha Condé ne pouvait jamais s’imaginer que Mamady Doumbouya, qu’il a appelé à ses côtés, promu à plusieurs reprises et qui en plus vient de la même région que lui, pouvait un jour l’évincer du pouvoir. Alors, à quoi bon penser que le salut ou la solution pour échapper à la colère qui couve dans les cœurs et qui ne laisse pas indifférents de vrais patriotes, c’est un bouclier sécuritaire monté de toute pièce ?

Peut-être qu’il les aidera à court terme, à passer l’orage. Mais, à long terme, il est certain que s’ils continuent de narguer le peuple, ce sont les mêmes militaires sur qui ils ont placé leur confiance qui leur feront la fête. A la vérité, l’histoire des successions au pouvoir par coups de force en Afrique nous enseigne que la fatalité est toujours venue d’un proche. Patrice Lumumba, Blaise Compaoré, Daouda Malam Wanké, les exemples sont légion. Alors, à tirer la queue du diable plus qu’il n’en faut, on finit par courir à sa propre perte. Ce qui est certain, si le peuple continue de ruminer sa colère contre des gouvernances chaotiques, les ajustements dans les états-majors des armées ou au niveau des gardes présidentielles ne seront qu’éphémères. Par conséquent, il serait plus judicieux que les présidents qui ont déjà foulé au pied les limites de mandats fixées grâce aux tripatouillages des Constitutions, fassent preuve de clairvoyance et sachent s’arrêter avant qu’il ne soit trop tard. En ce qui concerne ceux qui sont encore dans leur droit constitutionnel ou de briguer un mandat de plus, il leur revient de savoir que l’Afrique d’aujourd’hui n’est plus celle d’hier et qu’ils ont l’obligation de servir leur peuple que de se faire servir à leur détriment. Enfin, on ne récolte que ce que l’on a semé. Tôt ou tard, il en est toujours ainsi.

Fraternité

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