Ayouba GARBA, Dc/Mestfp sur le bilan de l’année scolaire écoulée : « Les 3 derniers mois ont été consacrés à un suivi hebdomadaire et régulier »

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L’année scolaire 2020-2021 s’est achevée dans le secteur des enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle. Au Bepc, le Bénin a enregistré un taux de réussite de 60,51%, et au Bac 64,42%. Derrière ces résultats séduisants, le Directeur de cabinet du Mestfp, Ayouba Garba parle d’un travail stratégique et méthodique porté par des réformes engagées dans le secteur. A l’en croire, les acteurs ont l’obligation d’améliorer ces résultats les années scolaires à venir.

Analyse des résultats
« L’analyse des résultats n’est pas une chose aisée. Parfois, l’interprétation peut être plurielle. Certains adoptent une attitude parcellaire. De mon point de vue, il faut une vision globale, quand on aborde la question des résultats. Il y a en qui estiment que les élèves ont travaillé. Ils ont raison. Il y en a qui estiment que les enseignants ont suffisamment enseigné. C’est vrai. D’autres pensent que les parents ont davantage assuré le suivi scolaire de leurs enfants. Mais de notre point de vue, nous pensons avoir une lecture globale, holistique. Si les enseignants, les apprenants et parents ont suffisamment travaillé, c’est grâce à un cadre institutionnel imposé par les réformes initiées par son Excellence, le Président Patrice Talon. A travers son Programme d’actions, il a initié des réformes qui visent à former l’homme, tout l’homme, et surtout avec à la disposition de notre économie et de notre développement intégral, des ressources humaines compétentes et compétitives. C’est le sens qu’il faut voir à travers l’amélioration de ces résultats ».

4 facteurs non négligeables
« Il y a 2 choses visées par le Président de la République : Améliorer les performances du système éducatif en redéfinissant le rôle de chaque acteur et surtout en s’appuyant sur les avantages du numérique. Voilà le contexte bien tracé dans lesquels les réformes ont été mises en œuvres. Globalement, on retient plusieurs facteurs. Je retiendrai au total 4. Le premier, c’est d’ordre institutionnel. Le conseil national de l’éducation est prévu par la loi d’orientation de l’éducation qui existait. Mais à partir de 2018, le président de la République et le gouvernement du Bénin ont donné un contenu substantiel à cette instance suprême de régulation du système éducatif qui, grâce à ses avis, conseils et recommandations, nous aide quotidiennement à améliorer notre performance.
Aujourd’hui, c’est la modernité qui rime avec l’utilisation des technologies de l’information et de la communication dans l’éducation. Dans ce sens, nous avons, depuis 2018, créé une plateforme communément appelée EducMaster qui aide au niveau de la gouvernance et du pilotage. Grace à EducMaster, les enseignants disposent de suffisamment de ressources qui naguère manquaient cruellement, quand il s’agit des programmes d’études des guides pédagogiques, même les épreuves. Aujourd’hui, tout cela est disponible sur educMaster et facilite le travail d’Enseignement-Apprentissage-Evaluation. EducMaster a connu cette année quelques innovations majeures. Les élèves qui, par le passé, passaient frauduleusement entre les mailles du système pour se retrouver en année supérieure ont été systématiquement bloqués. C’est dire que, par ce mécanisme installé au niveau de notre plateforme, les inscriptions fantaisistes au niveau de la candidature du Bepc ne sont plus possibles. Et on a également amélioré la désignation des collègues enseignants instruits pour participer aux différentes tâches, notamment la surveillance et la correction des examens d’avant le BEPC. Troisième facteur au niveau institutionnel, il y a ce qu’on appelle le réseau d’encadrement et d’animation pédagogique. C’est tout un réseau qui voudrait mettre tous les acteurs au travail. Ce réseau avant 2016 existait, mais on l’appelait RAP. A partir de 2016, le Gouvernement du Bénin a amélioré le fonctionnement de ce réseau avec l’introduction de la synergie d’actions entre les acteurs qui, naguère, fonctionnaient de façon décloisonnée. A partir de 2016, le gouvernement a créé dans chaque département les inspections pédagogiques déléguées. Ce sont des structures déconcentrées. Avant cela, les inspecteurs partaient de Cotonou et descendaient dans les départements. Mais depuis 2016, ils sont positionnés de façon permanente et cela assure l’encadrement de proximité. Sur toute la chaine chaque acteur en début d’année scolaire, reçoit sa lettre de mission. Et il est évalué périodiquement et en fin d’année. Ce qui suppose que désormais, nous avons abandonné la gestion axée sur les moyens pour arrimer notre fonctionnement sur le mode de la gestion axée sur les résultats. Ce qui fait que, de l’inspecteur pédagogique de départements à l’inspecteur général au niveau central, évidemment avec les directeurs départementaux, les conseillers pédagogiques, les Chefs d’établissement et tous leurs collaborateurs, notamment les enseignants, chacun a sa lettre de mission pour son contrat d’objectif. Il s’agit des objectifs clairement assignés lui sont proposés. Il adopte un choix noble en acceptant la lettre de mission. Il sait ce qu’on attend de lui en terme de rendement scolaire ».

L’innovation de l’année !
« Mais la grande innovation cette année, c’est ce que nous avons appelé La Réunion de commandement. Avec l’institution du Réseau d’encadrement et d’Animation Pédagogique, chaque acteur travaillait de façon décloisonnée. Cette année, nous avons instauré une synergie entre l’opérationnel (Etablissements et Directions départementales) et le niveau central qui est le niveau stratégique. Avant cela, les acteurs rendaient compte au ministre par de simples rapports qui peuvent être objectifs ou erronés. Cette année, les mois de Mars, Avril et Mai ont été consacrés à un suivi hebdomadaire et régulier. Tous les mardis de 8 heures à 10 heures, le ministre suit en direct l’exécution des programmes avec tout son cabinet en visio-conférence. Ce qui implique la participation des Directeurs départementaux. Au lieu d’attendre la fin de l’année pour constater les dégâts, nous faisions cet exercice hebdomadaire tant dans l’enseignement secondaire général, que dans l’enseignement technique et de la formation professionnelle. Les enseignants retardataires dans tous les départements, tous les établissements sont répertoriés et nous les accompagnons la semaine suivante avec la descente des inspecteurs, des conseillers pédagogiques, des chefs d’établissements, des directeurs départementaux qui les aident à améliorer leur prestation. Donc, de façon générale, ce sont les réformes qui ont payé. Elles ont permis de travailler avec rigueur, méthode, synergie en visant des objectifs clairs avec le principe d’une gestion axée sur les résultats.
En définitive, ces résultats ne sont pas le fruit du hasard. Ce ne sont pas des résultats ex-nihilo. Ce sont des résultats qu’il faut lire en tenant compte des réformes initiées par le gouvernement béninois et la synergie d’actions de tout le peuple béninois qui ont permis d’obtenir ces résultats. Le miracle n’existe nulle part. Seul le travail est le facteur essentiel. C’est la leçon fondamentale à tirer de ces résultats.
Vous verrez que, depuis 2016, la tendance est à la hausse au niveau de nos résultats. Au Bepc en 2016, les résultats étaient de 16%. Cette année, nous sommes parvenus à atteindre un seuil honorable de 60,50%. Au niveau du Baccalauréat en 2016, nous étions à 30,14% et cette année, nous avons pu obtenir un taux de 64,42%. C’est un taux record par rapport à nous-mêmes et par rapport à la sous-région. Je voudrais profiter pour saluer, féliciter et remercier tous les acteurs en particulier, et le peuple béninois en général, unis dans un sursaut patriotique et union sacré autour du gouvernement de la République. Voilà en gros la lecture globale et holistique qu’on pourrait faire de ces résultats. De mon point de vue et du point de vue de la plupart des acteurs, c’est un défi ».

Les réformes de l’année scolaire 2021-2022
« Ces résultats, nous avons l’obligation de les améliorer. Ils constituent un défi. Et nous en sommes capables, surtout que d’autres réformes sont déjà lancées, notamment la stratégie nationale de l’enseignement technique et de la formation professionnelle. Parce qu’aujourd’hui, le problème du chômage et de l’employabilité se pose. Nous ne voudrions pas croiser les bras, observer la jeune désespérée ; sans boussole. C’est pourquoi le gouvernement a initié cette réforme pour qu’à l’horizon 2030, les apprenants puissent s’inscrire à concurrence de 70% dans l’enseignement technique où théorique et pratique iront désormais de pair. Mais l’enseignement secondaire général n’est pas pour autant abandonné. Des réformes sont également initiées pour améliorer la qualité, pour enseigner davantage et pour arriver à l’ère du temps avec le numérique, la maitrise de langue anglaise qui sont des moyens essentiels pour accéder à la science, aux innovations, d’apprendre, d’enseigner et d’évaluer efficacement. C’est pourquoi nous nous attelons efficacement à préparer la rentrée scolaire 2021-2022 ».
Transcription : Patrice SOKEGBE

Fraternité

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