Bantè/Mission de pacification de la commune: Odoubou-Fagbémon : jusqu’où pourront-ils aller ?

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S’il est une commune qui a payé un lourd tribut dans la crise liée la présidentielle d’avril 2021, c’est bien Bantè. Trois morts, au moins quatre blessés, et des dégâts matériels. Dans la foulée, le maire Edmond Babalèkon Laourou a été révoqué par le Pouvoir central pour “fautes graves“. Après quelques semaines d’intérim, un autre conseiller a été élu maire. Il s’agit de Comlan Fagbémon. Entre temps, c’est le préfet du département des Collines qui a été nommé après plus de trois ans de vacance du poste.  Et c’est le docteur en droit privé, Saliou Odoubou qui a désormais pour cahier de charges d’assumer les missions de coordination de tâches de sécurité en plus de l’exercice de la tutelle, de coordonner les actions des services déconcentrés de l’État, de gérer les crédits délégués, d’animer et coordonner le développement régional. En tant que patron du département, le préfet devra donc travailler avec les services déconcentrés et les maires de son territoire de compétence. Pour le cas, de Bantè, à toutes ces missions sus citées, Saliou Odoubou, de concert avec le maire Fagbémon, a une autre mission qui est prioritaire voire urgente. Il le sait et l’a même souligné à sa prise de fonction, début juin 2021 : «  travailler urgemment à réconcilier les filles et fils du département des Collines avec eux-mêmes et avec le reste du Bénin ». C’est nul doute un chantier délicat, mais sur lequel ce tandem de jeunes natifs de la commune est très attendu. Et pour cause. Des familles continuent de pleurer leurs morts. Chez d’autres, ce sont les blessures et séquelles qu’on continue de trainer. Certaines personnes, elles, sont dans l’expectative d’une éventuelle réparation de dommages et préjudices par l’Etat. Le préfet et le maire réussiront-ils à sortir Bantè de la situation de peur et de méfiance sur fond d’arrestations de présumés manifestants? Mission difficile mais pas impossible, dirait-on. Mais que peuvent ces deux personnages desquels le gouvernement attend sans doute des résultats probants sur ce chantier, s’il n’y a pas un accompagnement du Pouvoir ?  Le plus dur c’est déjà 2023 avec les législatives. Sous quelle facette auront-elles lieu ? Ressembleraient-elles à 2019 ? Prendront-elles l’allure des communales de 2020 ou de la présidentielle de 2021 avec la même exclusion dénoncée ? La réconciliation des fils et filles de Bantè que Saliou Soourou Odoubou s’est assignée comme mission ne dépend t-elle pas de ce facteur ? 2023 n’est pas loin. Il faut y travailler.

Mike M.

Politique – Matin Libre

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