Bénin : 100 jours de lutte farouche contre la corruption

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Cent jours de lutte contre la corruption au cours du second mandat de Patrice Talon et la moisson est bonne. De gros scandales financiers sont révélés au grand jour. Des résultats d’audits accablants rendus publics suivis des interpellations et des poursuites judiciaires en cours. Au cours de ces cents derniers jours, de rocambolesques dossiers ont agité la République avec la fermeté du pouvoir central de sévir. Ainsi, l’impunité n’est plus au rendez-vous face à la voracité des agents indélicats de détourner les deniers publics. De l’Agence nationale des transports terrestres (ANaTT-Gate) aux détournements spectaculaires à l’Office de la radiodiffusion et télévision du Bénin (Ortb) en passant par le sulfureux dossier des douaniers et transitaires corrompus à Hillacondji, le peuple béninois a également eu droit à une lutte farouche contre le blanchiment des capitaux dans le rang des policiers. Le vent de l’assainissement des finances publiques a aussi soufflé dans les mairies avec l’interpellation, il y a quelques jours de trois agents de la mairie de Ouidah dans l’Atlantique et la fuite du trésorier général de la mairie de Djidja, une commune située au centre du Bénin dans le département du Zou. La grande artillerie contre le trafic de drogue et la mafia foncière pendant ces derniers mois porte aussi ses fruits. Au total, le gouvernement de la Rupture témoigne de sa bonne foi à lutter véritablement contre la corruption en ne s’interférant guère dans les enquêtes et procédures judiciaires des tribunaux en l’occurrence celles de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet).
Pour rappel, l’un des plus grands scandales financiers sous la Rupture en juillet dernier et qui retient encore l’attention de tous est relatif à l’affaire ANaTT (Agence nationale des transports terrestres) où son ancien Directeur Général Thomas Agbéva, ancien conseiller technique du ministre des infrastructures et des transports et dix de ses collaborateurs sont arrêtés et écroués. Ils sont poursuivis pour mauvaise gestion de cette structure occasionnant à l’Etat béninois une perte financière de plus de treize milliards de FCFA. Faut-il le souligner, l’audit de cette agence révèle « l’adoption irrégulière d’une convention collective accordant des avantages exorbitants et mirobolants au profit des agents. Il s’agit notamment d’une prime bimestrielle octroyée à l’ensemble du personnel et qui, à l’analyse, est un complément de salaire déguisé, d’indemnités et primes dites ‘‘de fonction administrative et politique” allouées au Directeur général et à son adjoint comprenant, entre autres, des primes de responsabilité et d’indemnités compensatrices de logement alors que d’autres rubriques de la convention les prévoient déjà, l’usage non justifié de cartes grises de véhicules de 2 et 4 roues, pour un montant de 2,8 milliards de FCFA, une confection inexpliquée de plaques d’immatriculation de véhicules à 4 roues non livrées aux usagers, d’une valeur de 859 millions de FCFA, la dotation en boissons au profit de l’ensemble des agents ayant rang de directeur, pour un montant de 34.413.645 FCFA et le rachat en juin 2019, par le Directeur général, de son véhicule 4×4 de fonction, au prix dérisoire de 3.050.000 FCFA alors même que ledit véhicule, moins d’un an avant, a fait l’objet de diverses réparations pour un montant de 6.733.070 FCFA, etc »
Un autre scandale que le chef de l’Etat a découragé est celui relatif à une fameuse affaire de malversation financière qui a éclaboussé trois hauts gradés de la douane béninoise en service à la recette douanière de Hillacondji, un poste frontalier entre le Bénin et le Togo. A ce niveau, des inspecteurs des douanes indélicats ont contourné le système informatisé de vérification des recettes douanières pour empocher près de 400 millions de nos Francs Cfa. Le pot-aux-roses a été découvert le lundi 22 août 2021 lors d’une mission de contrôle commanditée par le Directeur général des douanes et droits indirects à Hilacondji. Un dossier qui a conduit en prison le Chef brigade de Hillacondji, Achille Allossogbé, l’inspecteur liquidateur Salifou-Boukary Maboudou et le receveur-percepteur d’Hillacondji Ali Aboubakar.

Le gouvernement corrige les failles à l’Anatt, Douane, Police et Eaux et forêts
Depuis lors, deux Conseils des ministres présidés par le Président Patrice Talon ont insufflé une nouvelle dynamique à l’Agence nationale des transports terrestres, à la Police Républicaine, à la Douane béninoise et aux eaux, forêts et chasse. En juillet dernier, le gouvernement a approuvé en Conseil des ministres de nouveaux statuts de l’Agence nationale des transports terrestres (ANaTT) pour corriger certaines irrégularités et imperfections qui ont favorisé le détournement de plus de treize milliards de Francs Cfa sous la gestion de l’ex Directeur Général Thomas Agbéva.
Selon le relevé du Conseil des ministres, « ces nouveaux statuts visent à corriger l’ensemble des insuffisances relevées dans les textes actuellement en vigueur, surtout au plan de la gouvernance de l’Agence. Ils ont été élaborés en conformité avec les dispositions de la loi n°2020-20 du 2 septembre 2020 portant création, organisation et fonctionnement des entreprises publiques en République du Bénin ».
Dans le même compte-rendu, le gouvernement ajoute que « des clarifications ont été apportées concernant les compétences de la direction de l’Agence, de son Conseil d’administration ou du ministère de tutelle, dans la mise en œuvre de certaines attributions ».
Au nombre des mesures normatives du Conseil des ministres du mercredi 15 septembre 2021, il y a la refonte des textes régissant le fonctionnement des directions générales des douanes, de la Police républicaine et des eaux, forêts et chasse. Il s’agit en réalité, selon le relevé du conseil des ministres, des décrets portant attributions, organisation et fonctionnement de ces trois directions générales, en application des lois promulguées le 03 juillet 2020 relativement à leur statut spécial. Ces décrets précisent la mission, le profil et les conditions d’accès aux fonctions de directeur général ou de sonw adjoint. Leur bonne application favorisera l’amélioration des prestations ainsi qu’une meilleure gestion des personnels. C’est dire donc qu’à la longue, beaucoup d’imperfections et irrégularités seront corrigées à la Douane, à la Police Républicaine et aux Eaux, forêts et chasse par ces décrets.

Fraternité

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