Bénin: En costume et cravate, Talon rêve d’une « indépendance effective »

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Le Bénin est-il indépendant ? Cette préoccupation a visiblement trouvé une place dans le discours du chef de l’Etat, Patrice Talon à ses concitoyens, samedi 31 juillet 2021, veille de la commémoration des 61ans de l’indépendance du pays. A bien lire entre les lignes, le Bénin n’est pas encore indépendant aux yeux du président de la République même s’il se réjouit des avancées significatives réalisées. « Si nous y arrivons, c’est bien parce que nous avons enfin compris qu’il ne faut pas se contenter d’être seulement politiquement indépendant. Mais qu’il faut surtout travailler, encore et encore, pour se développer, s’émanciper, pour ne pas dépendre de la charité des autres, afin d’être véritablement indépendant. Cette volonté de nous développer nous aussi, nous a fait prendre conscience que notre destin est exclusivement entre nos mains et désormais à notre portée. C’est elle qui explique les avancées remarquables qui nous permettent de construire pas à pas, dans tous les domaines, les fondamentaux de notre développement socioéconomique, en vue de notre mieux-être individuel et collectif », a-t-il déclaré fièrement. Oui, dans bien de domaines, le Bénin semble affirmer sa souveraineté et ne tend plus systématiquement la main à ses partenaires. C’est le cas de certaines infrastructures entièrement réalisées sur budget national. Le cas le plus récent est celui de l’organisation de l’élection présidentielle sans avoir eu recours aux bailleurs de fonds.    Néanmoins, « il nous reste encore beaucoup à faire Car nous avons enfin commencé réellement à matérialiser notre indépendance. Et cet élan, nous le garderons à jamais », a souhaité le chef de l’Etat béninois, convaincu de ce que chacun « restera disponible et engagé pour notre indépendance effective ». Il reste effectivement beaucoup à faire au Bénin pour lui permettre d’avoir son indépendance effective. Ça, Patrice Talon n’a pas tort, lui qui prononçant le discours de célébration de l’indépendance a prouvé que son pays n’a pas encore atteint l’indépendance vestimentaire. Sur ce point précis, il reste des pas à franchir pour que le chantre de la Rupture s’illustre comme ses homologues du Nigeria, du Burkina Faso, du Ghana. Le costume et la cravate bien dressés en pareille circonstance, au détriment du pagne tissé par exemple, 61 ans après l’acte solennel posé par le Colon, c’est le signe que la route de l’affranchissement réel est encore longue.

 

W.B

Politique – Matin Libre

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