Bénin/ Fortes dénonciations de cas d’abus par les femmes: Dr Florent Tasso, «Les efforts réalisés dans ce sens ont contribué pour beaucoup à cela»

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Au Bénin, de plus en plus, les langues se délient pour dénoncer les cas d’abus. Avec les femmes en amont, comme pour siffler l’apocalypse du temps des sujets tabous, du poids de la société.

 

Des slogans ! Puis, du silence, sortent davantage de voix féminines. Qui, pour dénoncer les cas de harcèlement sexuel, qui pour des cas de violences conjugales, qui encore pour des faits de viol, etc. Dans une société où les violences faites aux femmes sont presque devenues une norme et entretenues dans le terreau du silence, du fait notamment du regard de la société, bien d’observateurs sont à quai, vu le vent de dénonciation qui souffle.

Pour le Sociologue-Anthropologue, Florent Tasso, cela n’a rien d’étonnant. «…Si des faits comme le harcèlement sexuel, les viols sur mineurs, les violences conjugales… sont dénoncés avec acuité dans la société, c’est peut-être aussi parce que d’une manière ou d’une autre, il y a une sorte de liberté d’expression. Les gens aspirent à un changement de comportement au niveau d’un certain nombre de pratiques sociales qui longtemps durant ont été considérées comme étant des tabous, des réalités pour lesquelles ils avaient peur de s’exprimer, de peur d’être réprimés par la société», fait-il observer. Se confiant à notre rédaction, l’Enseignant à l’Université d’Abomey-Calavi (Uac) a signifié qu’il y a, aujourd’hui, cette ouverture d’esprit qui amène plus d’un à se libérer. «Et je dois dire que les efforts réalisés dans ce sens par certains acteurs…pour inciter les femmes surtout à oser dénoncer les injustices sociales dont elles sont couramment victimes, ont contribué pour beaucoup à cela. La dynamique est-elle que les dispositions sont en train d’être prises pour légiférer dans ce sens et quand c’est le cas, les gens osent ; sont en mesure d’oser se prononcer», analyse-t-il. Les médias sociaux aidant, souligne Florent Tasso, la manière dont ces informations sont relayées amène  à comprendre ces réalités, le fonctionnement même de notre société.

Repenser nos modèles éducatifs

Pour le Sociologue-

Anthropologue, au vu de ces réalités, il est impérieux de repenser nos modèles éducatifs de sorte à mettre l’homme et la femme au même pied d’égalité plutôt que de continuer par développer nos conceptions stéréotypées basées sur le patriarcat qui nous amènent à considérer que l’homme est supérieur à la femme et que par conséquent, il peut exiger d’elle ce qu’il veut sans le consentement de cette dernière. «C’est donc notre modèle éducatif que nous devons repenser ou revoir. Déjà, au niveau de l’espace familial, en éduquant autrement les enfants de sorte à ce que ces derniers qui feront la société de demain puissent avoir à l’esprit que l’homme et la femme sont égaux et que de ce fait, dans leurs rapports sociaux, il ne doit pas y avoir d’injustice sociale, de marginalisation, de harcèlement», affirme Florent Tasso. Quand les enfants, estime-t-il,  vont intégrer ces éléments à la structure de leur personnalité, en terme de reproduction sociale, il n’y a pas de raison qu’ils ne considèrent pas l’autre sexe, le sexe féminin, comme étant un sexe égal au sexe masculin.

 

Cyrience KOUGNANDE

Société – Matin Libre

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