Carlos Ayikpé après la réouverture de l’embouchure du Roy : « Dans beaucoup de contrées, le niveau d’eau a totalement chuté »

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Retour progressif à la normale dans les localités avoisinant l’embouchure de Grand-Popo. A travers cette interview, le Chef d’arrondissement d’Avlo fait le point après les travaux de réouverture et plaide pour un plan de contingence spécifique.

Décrivez-nous un peu la situation que vous viviez et qui a conduit aux travaux de réouverture de l’embouchure de Grand-Popo ?
L’embouchure a été refermée, il y a quelques mois. A la suite de cela, nous avons eu la montée des cours d’eau sur tout ce qui est espace continental. Autour de Grand-Popo, notamment dans les arrondissements de Avlo, de Grand-Popo centre et aussi vers la zone de Guézin, il y avait assez d’inondations avec comme conséquence la destruction de certaines habitations. Les populations sont donc restées sans abris. Les maladies hydriques et gastriques se sont développées en plus du paludisme. Les écoles sont désertes parce que les enfants ne pouvaient plus les rejoindre. Certaines écoles n’ont pu faire composer les enfants jusque-là. Les parents avaient même de difficultés pour se déplacer. Il y a même dans ces conditions la famine qui s’en suit parce que les activités sont au ralenti, pour une population qui avait déjà un niveau de vie assez bas. Le pouvoir d’achat dans cette zone-là du Bénin n’est pas ce que ça devrait être. Le niveau d’eau ne cessait donc de s’élever au point où, en dehors de tout ce que je viens de vous citer, on voyait déjà la route Inter Etat Cotonou- Hilacondji menacée parce que l’eau montait. En dehors des conséquences au plan social, sanitaire et alimentaire, on devait commencer à craindre des conséquences économiques. Face à tout ceci, les services techniques du ministère du cadre de vie et du développement durable qui suivaient de près la situation ont pris sur eux sous la houlette du Ministre Tonato la décision d’aller à l’offensive.

Justement, les choses sont allées vite le week-end dernier. Comment se sont déroulés les travaux ?
Effectivement, avant les travaux, il y a eu des tractations entre les populations et les services techniques pour retenir le moment idéal. Dans ce sens, à partir du vendredi, les engins ont été déployés et les travaux ont démarré le samedi à l’aube. Ceci s’est poursuivi dans une certaine symbiose avec les autochtones. Vous n’êtes pas sans savoir que de ces activités se faisaient déjà par nos ancêtres. Nous sommes face à une situation récurrente. Il y a une certaine expertise au plan traditionnel que les techniciens ont accepté d’associer. Les travaux ont donné de bons résultats. Déjà le dimanche dans la soirée, la réouverture de l’embouchure est chose effective.

Avez-vous eu le soulagement tant espéré ?
Après les travaux, le courant d’eau était très fort au point où nous avons été obligés d’alerter les populations au niveau des villages et quartiers de ville aux fins de savoir se comporter à l’égard de l’eau au risque de se voir emportées par le courant. Quand le courant est très fort ça signifie que l’eau qui était un problème pour les populations parce que ayant inondé les villages et quartiers de ville a commencé à s’écouler vers la mer. Cette dynamique s’est poursuivie jusqu’à l’heure où je vous parle. Dans beaucoup de contrées, le niveau d’eau a totalement chuté et par endroits, il n’en existe même plus. Si les populations arrivent à avoir un peu de moyens, elles pourront reconstruire leurs maisons, pour celles qui en ont perdu. Les questions de santé pourraient être plus facilement résolues. Les écoles peuvent rouvrir à tout le moins pour faciliter les compositions pour les écoliers qui n’en avaient pas eu droit, alors que nous passons déjà dans la période des vacances.

Quelles sont vos attentes après la réouverture de l’embouchure ?
La doléance que j’ai est celle de considérer que c’est une situation récurrente et que nous travaillions à une certaine stabilisation de l’embouchure. Il faut des mesures à travers des études et des travaux qui pourraient stabiliser l’embouchure et éviter qu’elle se referme. Avec tout ce que la mer nous renvoie comme sédiment pendant la marée haute, il faut éviter qu’il y ait une nouvelle fermeture. Cela éviterait les situations de niveau d’eau très haute et d’inondation auxquelles nous faisons face chaque année. Pour ce que j’ai compris, c’est déjà le cas dans l’esprit des techniciens et des experts du ministère en charge du cadre de vie. Dès que cette opération sera faite, nous pouvons espérer que les années à venir, on évite de pareilles situations. A côté de ceci, il faudrait qu’on mette en place un plan de contingence.

Grand-Popo dispose pourtant d’un plan de contingence…
Oui, nous en avons eu pour les situations d’inondation de façon général. Mais pour ce cas spécifique, ce n’est pas forcément une inondation par les eaux pluviales. C’est spécifique. Il faut donc un plan de contingence adapté pour anticiper tout ce qui nous amène à ces inondations. Et que si nous devons en subir que nous anticipions quand même sur les conséquences. Il faut une équipe pluridisciplinaire et multipartite, les responsables locaux, les représentants des populations, les autorités du ministère du cadre de vie et de l’Anpc pour cela.
Propos recueillis par Fulbert ADJIMEHOSSOU

Fraternité

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