Cas de corruption au concours Cafcp/Emp 2020: Pourquoi le Memp entretient-il encore le flou ?

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Dans une vidéo relayée sur les réseaux sociaux, le ministre des enseignements maternel et primaire (Memp), Salimane Karimou évoque des cas de corruption dans le cadre du concours d’aptitude à la fonction de Conseiller pédagogique (Cafcp 2020). De graves accusations ! Seulement, l’autorité ministérielle, malgré l’insistance des responsables syndicaux et lauréats, s’est abstenu de révéler les noms des présumés fraudeurs.

 

La vérité finira-t-elle par jaillir dans ce dossier ? Tant, le flou continue d’être entretenu par les autorités compétentes. « L’information que nous avons reçue…ça vient de vous. Dans une localité de notre pays…des candidats ont été approchés, pas auraient, ont été approchés…Dans cette localité, il y a de centres de formation pour le Cafcp animés par des gens, professeurs d’universités, professeurs certifiés…Des gens ont été approchés…s’ils payaient chacun  1 000 000 FCFA,  ils vont réussir » déclare le ministre Salimane Karimou dans cette vidéo. Et à la question du secrétaire général de la Csa-Bénin, Anselme Amoussou d’avoir des noms des présumés fraudeurs, l’autorité ministérielle a estimé avoir déjà beaucoup dit avant de lancer aux lauréats “Si vous voulez avoir des noms, rentrez en votre sein et cherchez les noms“. Une réaction qui suscite plusieurs interrogations. Si les présumés fraudeurs sont connus avec des détails aussi importants, pourquoi ne sont-ils toujours pas traduits devant la justice ? Pourquoi refuse-t-on de divulguer les noms pour crédibiliser davantage le ministère, fortement critiqué pour avoir annulé le concours sur la base de simples soupçons ? Le gouvernement actuel étant dans une dynamique de lutte implacable contre la corruption, qui protègerait alors les présumés fraudeurs ? A quand alors les sanctions étant donné que l’argent du contribuable a été investi dans l’organisation dudit concours ? Bien malin qui pourra répondre et le gouvernement est vivement interpellé afin que les responsabilités soient situées dans ce dossier. Faut-il le rappeler, les responsables syndicaux ainsi que les lauréats refusent d’admettre que le concours soit annulé sur la base de soupçons de fraudes. Chose curieuse, depuis de longs mois, les commissions d’enquête mises sur pied pour vérifier les soupçons de fraudes n’ont pu apporter des éléments probants susceptibles d’attester de l’existence des fraudes, déplorent les lauréats. L’autorité ministérielle, Salimane Karimou soutenant mordicus l’existence de fraudes, le paradoxe est qu’aucun fraudeur ou complice n’a toujours pas été traduit devant la justice. La polémique s’enfle, des voix s’élèvent pour protester contre la décision d’annulation des résultats du concours d’aptitude à la fonction de Conseiller pédagogique (Cafcp 2020) et le bras de fer semble inévitable entre les lauréats et le ministère de tutelle. Si, selon les explications du ministre à la séance du 04 juin 2021, un réseau serait mis en place pour faciliter l’admission des candidats à ce concours dans une certaine région du Bénin, il importe de s’interroger sur ce qui bloque le démantèlement dudit réseau.

Toujours pas de preuves de fraudes…

« On peut retenir…qu’il n’y a pas de preuves probantes de fraudes à l’issue des investigations mais que deux recorrections des copies des lauréats ont eu lieu, lesquelles recorrections ont révélé des écarts entre les notes de certains lauréats. Des écarts qui varient de 0,5 à 2 et de 3 à 8 points. La seule certitude est la faute de complaisance, le manque de rigueur et de professionnalisme dans la correction et dans le choix de certains membres impliqués dans le processus d’organisation du Cafcp » renseigne la Csa-Bénin dans un compte rendu de la séance d’échanges du 04 juin dernier. Et au dernier sit-in de protestation des lauréats, le ministre Salimane Karimou n’a toujours pas brandi la moindre preuve. Notons qu’à défaut de les rétablir dans leurs droits, les lauréats exigent que les fraudeurs soient traduits en justice. Pas question de leur ôter leur succès à ce concours alors qu’aucun fraudeur n’est identifié. Ils exigent que la décision soit rapportée tout en menaçant de durcir le ton pour obtenir gain de cause.

A.B

Société – Matin Libre

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