Cohabitation entre belle-mère et bru : Tout sauf une partie plaisir

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Loin d’être un cadre d’échange d’expériences conjugales, la cohabitation entre belle-mère et belle-fille n’est souvent pas aisée. Elle s’érige plutôt en un foyer de tension qui s’envenime, surtout lorsque l’époux ose prendre parti. Dans la plupart des cas, les couples qui connaissent une telle expérience finissent par le divorce.

« Pas question d’avoir ma belle-mère chez moi ! Même si je vis à l’étranger et que les nounous ne sont pas permis, je préfère souffrir avec mes enfants ». Tels sont les propos de dame Colette qui a connu une expérience amère avec sa belle-mère. A ce sujet, elle raconte : « Lors de son séjour chez nous, ma belle-mère est devenue une véritable rivale. D’abord, elle critique la qualité de mon repas, refuse de manger et tient des propos qui poussent mon époux à me gronder. Or, auparavant, je n’ai jamais eu de prise de bec avec ce dernier… ». A l’image de Colette, nombreux sont les cas où belle-mère et belle-fille se regardent en chien de faïence. L’on assiste à toute sorte de scénari, bagarre, accrochage verbal à allure diffamatoire, mensonge, humiliation, manque de respect et autres. Cette pratique qui devient récurrente en ville comme en campagne et qui fait désormais le quotidien des couples, constitue un véritable casse-tête surtout pour les jeunes mariés. Le pire, c’est quand ils vivent dans la belle famille. Cette cohabitation qui autrefois était signe de la bonne éducation reçue par la belle-fille devient un champ de bataille. Sur 8 femmes interrogées, la totalité a été catégorique sur une possible cohabitation avec leur belle-mère. « Ma belle-maman pense que je ne suis pas bien éduquée. Elle trouve à redire sur mes comportements alors que j’ai plein de choses à lui reprocher », lance Dame Perfide, qui semble, elle aussi avoir une mauvaise expérience en la matière.

Conflits générationnels
Les tensions observées généralement entre les parties prenantes selon les experts, relèvent d’un conflit générationnel. Plus loin, cette cohabitation peut être qualifiée d’asservissement du moment où toutes les contraintes subie, par la belle fille sont pour faire plaisir à la belle-mère. Dans ce sens, la responsable du centre de promotion social de Bopa, Simphorose Hounkanlin affirme que c’est de l’esclavage moderne, car il n’y a ni liberté, ni égalité dans cette relation. « Quand vous prenez un exemple d’une femme qui vit avec sa belle maman, tout ce qu’on lui fait subir n’est pas de son propre gré. Elle fait l’objet de contraintes psychologiques et morales », dit-elle.

Principe du mariage
Le mariage est supposé être célébré entre deux familles. Ainsi, la femme se marie à toute une famille, celle de son mari. En plus, traditionnellement, la belle-mère doit être considérée comme la maman de sa belle-fille. A ce titre, celle-ci ressent une certaine obligation envers sa belle-mère. Mais la plupart des belles mères profitent de ce sentiment d’obligation pour mener la vie dure à leurs belles filles. Pour la sociologue Sylvie Fanou Gbaguidi, cette cohabitation est légitime surtout en milieu rural, car : « c’est la famille qui crée les conditions dans lesquelles le couple va vivre. On est obligé de parler souvent de ce que les gens ne veulent pas entendre, la domination légitime, la belle-fille doit être redevable vis à vis d’un tiers. De facto, elle se laisse dominer légitimement », soutient-elle, en précisant que « la grande responsabilité revient donc à l’épouse. Pour une cohabitation pacifique avec la génitrice de son époux, la jeune mariée doit adopter un certain nombre de comportements ».
Préserver leur foyer est ce qui pousse les belles-filles à subir certains traitements sans agir. En dépit de cela, il y a aussi le poids de la société qui veut que la belle-fille soit irréprochable, répondant positivement à toutes les demandes de sa belle-famille. Dans certains cas, ces belles-mères se mettent en compétition avec leurs belles-filles. C’est le cas de Dame Séverine L. qui explique : « Du jour au lendemain, les choses se sont compliquées. Ma belle-mère me considérait comme sa rivale. C’est compliqué ! Je suis chez moi, chez mon mari. Je travaille et je n’ai même pas mon mot à dire. Pas le droit de m’habiller comme je veux… ». Selon Sylvie Fanou Gbaguidi, la cohabitation belle-mère belle-fille devient difficile, lorsqu’il y a mésentente entre les deux parties. D’après elle, on peut parler d’asservissement quand la belle-mère prend sa belle-fille pour une esclave, en lui faisant faire toutes les tâches ingrates de la maisonnée et en supposant que seuls ses désirs comptent, piétinant tous désirs de sa bru. Ce phénomène trouvera une réponse adéquate si l’homme fait preuve de leadership.
Modestine QUENUM (Stag)

Fraternité

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