Condamnée à 20 ans de prison: Le cas Madougou préoccupe la France

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(Des pressions du Quay d’Orsay  sur le Bénin)

Condamnée à 20 ans de prison par la Criet pour complicité de terrorisme, Reckya Madougou continue de susciter l’intérêt de grandes puissances occidentales. Après les Etats-Unis qui ont significativement réduit la part du Bénin dans le programme Millennium Challenge Corporation (MCC) pour : « déclin des engagements du Bénin vis-à-vis des critères d’éligibilité de la MCC et de principes de gouvernance démocratiques », décision intervenue au lendemain de la condamnation de l’ex Garde des Sceaux et candidate recalée de l’opposition à la présidentielle de 2021, c’est autour de l’Etat français de faire part de sa préoccupation quant à la situation de Reckya Madougou. Mercredi 12 janvier dernier, la situation de l’opposante au régime de la Rupture a été évoquée au Parlement français. C’est le député du Rhône Hubert Julien-Laferrière qui a interpellé le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, lors d’une séance de questions orales. « Je voudrais d’abord vous parler du Bénin qui ne fait pas effectivement la une de l’actualité mais qui s’enfonce depuis quelques années dans un véritable autoritarisme, qui multiplie la répression envers ses opposants politiques au point que il semble difficile aujourd’hui au Bénin d’être dans l’opposition sans être menacé d’incarcération ou d’exil. Vous savez, à l’issue du dernier scrutin présidentiel, plusieurs dizaines d’opposants politiques au président Talon se sont fait arrêter. De nombreux opposants sont en exil en France comme l’ancien maire de Cotonou qui avait été condamné à 10 ans de prison et vous avez bien sûr entendu parler du cas de l’ex Garde des sceaux Reckya Madougou qui a été arrêtée il y a plus de 9 mois, qui avait préalablement vu sa candidature à l’élection présidentielle injustement refusée par la Cour constitutionnelle, qui a été condamnée en moins de 20h de procès à 20 ans de prison pour, excusez du peu, terrorisme et elle a été condamnée par une cour dont un des juges est lui-même en exil parce qu’il a dénoncé l’utilisation de la justice à des fins politiques. A cela s’ajoutent des conditions de détention humiliantes », a laissé entendre le député français Hubert Julien-Laferrière.

En réponse à cette interpellation, le ministre français des Affaires étrangères a fait part de pressions sur le président Talon, dans le cadre de la détention et de la condamnation de Reckya Madougou. « Je suis comme vous préoccupé de la situation de Madame Madougou. J’ai eu l’occasion de m’exprimer sur le sujet et de faire pression fermement auprès des autorités béninoises et en particulier lors de la visite du président Patrice Talon en France en novembre 2021, j’avais rappelé cette nécessité. Nous parlons régulièrement (…) Le président de la République, moi-même, d’autres ministres, lorsque nous recevons des autres chefs et il y a des questions de droit de l’homme qui sont posées ou lorsque nous nous déplaçons, nous parlons toujours de cela. A force d’en parler, il y a des résultats mais parfois il y a des ténacités indispensables qui s’adressent aussi au Bénin  », a répondu Jean-Yves Le Drian, Ministre de l’Europe et des affaires étrangères.

Cette sortie du ministre français des Affaires étrangères vient confirmer des soupçons de pressions de Paris sur le régime de Cotonou en vue de la libération de l’opposante Reckya Madougou. Si pour le moment, les pressions du Quay d’Orsay se heurtent à la ténacité du pouvoir de la Rupture, on peut se demander jusqu’à quand ? C’est dire que l’affaire Reckya Madougou n’est pas encore terminée après sa condamnation à 20 ans de prison. Le fait que son sort préoccupe les grandes démocraties comme les Etats-Unis et la France peut être perçue comme un bon augure pour l’ancienne Garde des Sceaux, candidate recalée de l’opposition à la présidentielle de 2021.

M.M

Politique – Matin Libre

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