Daouda Saka Méré, maire de N’dali : « La commune a des atouts et est ouverte aux investisseurs »

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Avec une population estimée à 113.604 habitants pour une superficie de 3748 km², N’Dali veut se positionner dans le concert du développement à la base. Un an après son élection, le maire Daouda Saka Méré fait le point et parle des enjeux.

Que peut-on retenir des 12 premiers mois de gestion à la tête de la commune de N’dali ?
Le bilan est un peu satisfaisant. Dans le domaine de la santé par exemple, nous avons pu faire la réception de certaines formations sanitaires et la mise à disposition du matériel pour certaines formations sanitaires. Au niveau de l’enseignement primaire, nous avons construit des salles de classes et les avons dotées de mobiliers. La commune a pu mettre à la disposition des écoles et collège, une dotation financière pour préparer les examens et pour appuyer les enseignants qui font les travaux dirigés avec les élèves afin d’améliorer les résultats dans la commune. Du côté des infrastructures, nous avons eu à faire des ouvertures de voies entre les villages. Les études techniques qui nous permettront d’avoir une idée sur les dépenses à effectuer sont déjà en cours bien que le capital soit déjà connu. Nous avons changé des ampoules pour améliorer l’éclairage public. Des travaux sont en cours pour l’accès à l’eau potable, en dehors de N’Dali et des villages où la Soneb est à pied d’œuvre pour fournir de l’eau. Il y a des villages qui ne pourront que bénéficier des forages. C’est ce que nous avions fait avec l’appui de nos partenaires, Caritas Bénin, l’IREG, le ministère de l’eau. Ceci nous permettra d’améliorer les conditions de vie des populations. Nous avons pu faire la mise en service du réseau électrique de Bégourou grâce à l’appui du gouvernement. A Birnanci, nous avons installé des panneaux solaires car la localité n’était pas couverte par le réseau conventionnel. Avec l’aide de la Police Républicaine et des chasseurs, l’insécurité qui régnait avec des enlèvements a été maitrisée. Depuis un certain moment, on n’en parle plus.

Qu’est ce qui explique ce phénomène d’enlèvement ?
C’est un problème entre les peulhs eux-mêmes. C’est un vol en quelque sorte. Quand ils apprennent que telle famille est allée vendre des bœufs pour au moins 1 million, ils informent leurs amis et préparent une opération de Kidnapping. Ainsi, avant de libérer la personne, ils demandent une rançon. Ou bien s’ils savent que telle personne dispose d’un cheptel élevé, ils kidnappent un membre de la famille et demandent une rançon. Les parents sont obligés de vendre une partie du bétail pour libérer leur membre. Mais, ils ne tuent pas la personne kidnappée. Ce problème répugnant ne se constate plus dans nos localités actuellement.

Pourquoi investir à N’Dali ?
N’Dali est une ville carrefour. il y a quatre axes, allant de Parakou, Nikki, Malanville et Djougou. Par rapport à la végétation, il n’y a pas d’obstacle. Nous avons une usine avec des ouvriers. N’Dali présente plusieurs atouts et elle n’a pas d’obstacle pour accueillir des investissements. Je lance ainsi un appel à l’endroit des investisseurs. Nous possédons un site de 30 ha que nous souhaitons mettre à la disposition d’un investisseur qui pourra aménager en construisant des logements pour accueillir des visiteurs car, nous n’avons pas de site d’hébergement.

La ville n’est-elle pas confrontée à des problèmes frontaliers ?
A notre prise de service, nous étions confrontés à un problème domanial qui se pose avec les communes environnantes à savoir Djougou, Sinendé, Wassa-Péhounco et de l’autre coté à Tchaourou. Nous avons déjà réglé le problème du côté de Wassa, nous sommes en train de le régler avec Djougou. Une première rencontre a été déjà faite entre le maire de Djougou et le maire de N’dali et un comité a été mis sur pied. Le comité a déjà fait une première rencontre et je crois le vendredi prochain aura lieu la deuxième rencontre du comité pour vraiment régler ce problème. L’autre situation que nous avons c’est avec la commune de Pèrèrè et celle de Tchaourou au niveau de l’Okpara et le préfet nous avait instruits à nous retrouver entre les trois maires pour gérer ce conflit. Nous nous sommes retrouvés pour gérer ce conflit en présence des sages et notables de Parakou. Et on a pris des résolutions qui ont vraiment arrangé les populations.

En terme d’agriculture, quelles sont les produits qu’on retrouve ici ?
En matière agricole, la première culture qu’on retrouve ici c’est le maïs et le Soja. C’est l’arrondissement de Kpori qui est le premier et à la fin de chaque saison, ce sont des milliers de tonnes qui sortent de notre commune. Au niveau de la production du coton, notre commune n’est pas du reste sur les huit communes de Borgou, N’dali est quatrième. La saison passée nous avons produit près de 29 mille tonnes et cette saison nous pensons aller très loin. Au niveau des autres cultures nous avons outre le maïs et le Soja, le mil et l’igname qui sont aussi cultivés.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans la gestion de la commune ?
Les premières difficultés sont liées aux problèmes domaniaux. Il n’y a pas ce jour où il n’y a pas un problème domanial. Il y a aussi les conflits entre agriculteurs et éleveurs. L’autre problème que nous avons est lié à l’incivisme fiscal. Mais je crois avec les sensibilisations, que nous sommes en train de régler ce problème. L’ADECOB a mis à notre disposition un fond pour encourager les meilleurs contribuables. On a lancé un concours qui a récompensé des meilleurs contribuables de chaque arrondissement. Aussi, avons-nous des difficultés liées au manque de personnels. Nous enregistrons des départs pour la retraite ou pour des promotions. Ce qui a réduit l’effectif et nous n’avions pas la possibilité de recruter. Particulièrement, nous avons déjà adressé une correspondance au ministère de la décentralisation pour qu’il nous donne l’autorisation de recruter.
On a aussi la Covid-19 qui a eu un impact négatif sur les activités de la commune avec les mesures de préventions, toutes nos activités ont pris un coup. Mais il faut reconnaître qu’à ce niveau, l’Etat nous a dotés d’un fonds en 2019 pour la sensibilisation, pour la construction d’un bâtiment qui va permettre de respecter la distanciation au niveau des centres de santé ainsi que la confection des bancs. La semaine passée nous avons eu l’annonce d’un fonds Covid-19 mais l’utilisation qui sera faite n’est pas encore déterminée.

Quelles sont vos relations avec l’autorité préfectorale ?
Nous entretenons des relations hiérarchiques avec la tutelle. C’est elle qui contrôle la légalité des actes que nous posons. A ce jour, elle n’a jamais marchandé ses efforts pour répondre à nos préoccupations. Que ce soit le préfet, le secrétaire général, le chargé de mission ou le chef service tutelle, ils viennent à notre secours en cas de besoin. Cela nous permet d’être aux normes par rapport aux actes que nous posons ou aux décisions que nous prenons.

Y a-t-il des appréhensions ?
Non, nous n’avons pas eu ce problème. Il y a eu des cas où un ou deux actes nous ont été renvoyés pour demander de les reformuler. C’était la reformulation qui posait problème. Tout cela concourt au bon fonctionnement de notre administration locale. Le linge sale se lave en famille, dit-on. Donc pour éviter que nos actes fassent l’objet de débat ailleurs, la tutelle nous a interpellés et nous a demandés de les corriger avant expédition.

Quelle est l’ambiance qui prévaut au niveau du conseil communal ?
Au sein de notre conseil communal, nous avons le Bloc Républicain, l’Union progressiste et les Fcbe. Ce sont les 3 forces qui constituent le conseil communal de N’Dali. Au sein du conseil, il y a 09 membres du BR, 04 membres UP et 12 membres FCBE. Juste après les élections, il n’y a plus eu de disputes entre nous. Tout le monde participe à la journée de salubrité que nous organisons. A chaque fois qu’un conseil est convoqué, tous les 25 conseillers sont présents. Et en plénière, toutes les décisions sont votées à l’unanimité. Ça fait déjà le quatrième conseil que nous avons eu à tenir. Nous avons 25 conseillers et à chaque conseil, ils sont tous présents et tous les sujets inscrits à l’ordre du jour sont toujours bien débattus. Je crois que c’est une ambiance conviviale qu’il y a et il faut qu’on travaille pour sauvegarder cette ambiance pour l’intérêt supérieur de la commune. Après les élections, on a tous compris que c’est le développement de la commune qui compte.

Patrice Talon a obtenu un second mandat. Qu’attendez-vous de lui ?
D’abord, le Président Patrice Talon était à N’Dali avant l’élection. Au cours de sa visite, nous lui avons présenté nos doléances. Après de longues discussions, il a promis apporter des réponses à nos préoccupations, avec à la clé, une audience qui m’a été promise. Déjà que l’élection est passée, je vais faire en sorte d’être reçu pour mieux discuter des questions de développement de la commune de N’dali. Mais, juste après l’élection, il a reçu tous les maires. Je suis convaincu qu’il va mettre en œuvre son Programme d’actions du gouvernement pour le compte du second mandat. Mieux, il nous a montré les différentes réalisations dans chaque secteur. Je crois que c’est un homme de parole, un homme pragmatique. Et nous avons la preuve que les bonnes choses s’annoncent. Le projet le plus urgent pour nous à N’Dali, c’est l’Asphaltage. Toutes nos voies sont impraticables. Nous n’avons même pas un 1m² de pavé dans notre commune.

Quelles sont vos ambitions pour 2023 ?
Nous sommes à l’étape de la réorganisation des partis politiques. Tout ce qui doit se faire doit provenir des partis politiques. Aujourd’hui, membre du BR, je ne peux pas me prévaloir de dire quoi que ce soit. C’est le parti qui va décider. Ce que je sais, c’est que je dois être vraiment soudé aux idéaux de mon parti. Cela permet au parti d’être fort.

Un appel aux ressortissants de N’dali qui sont ailleurs ?
Il y a un mois, nous avons tenu une rencontre avec nos ressortissants pour discuter des problèmes de la commune de N’dali. Je dois avouer que tous les fils et filles de N’dali ont honoré de leur présence cette rencontre. A l’occasion, les questions liées au développement de notre commune ont été débattues. Nous avons un forum dans lequel ces genres de questions sont débattus. Même ceux qui résident hors du pays interviennent régulièrement. C’est une opportunité à saisir. A tous les fils et filles de N’dali, travaillons à faire du développement de notre commune un crédo.
Propos recueillis par Jacques DEGBE

Fraternité

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