Débordement des eaux du fleuve Mono : Les populations d’Athiémé en détresse appellent au secours

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La montée des eaux du fleuve Mono a occasionné d’importants dégâts dans la Commune d’Athiémé, dans le département du Mono. Ne sachant plus à quel saint se vouer, les populations crient au secours.

Les populations d’Athiémé sont prises en tenaille par le débordement du fleuve Mono. Presque tous les arrondissements et au moins 35 villages de la Commune sont sous l’eau. Une situation qui devient de plus en plus préoccupante. Selon les informations transmises par l’indication du limnimétrie, le jeudi 9 septembre 2021, aux environs de 14 heures, la hauteur de l’eau est fixée à 8,4 mètres. « Je crois que depuis bientôt une semaine, la Commune d’Athiémé traverse une crise inédite : l’inondation », confie Firmin Adansi, chef d’arrondissement (Ca) Central d’Athiémé. Il est soutenu par son collègue d’Achannou, Julien Agossou qui affirme que « depuis bientôt une semaine, l’eau a commencé par monter de niveau et les villages qui sont sous l’eau aujourd’hui dans l’arrondissement d’Achannou sont au nombre de douze sur treize ». Pour dame Hounnou Akouessiwa, une des sinistrées de l’arrondissement d’Achannou, « l’eau nous a envahis ». Elle sera renchérie par Hounnou Koffi Aubin, un riverain du quartier Gbédji-Tonga : « depuis plus d’une semaine, la population d’ici est dans l’eau. Franchement, c’est trop débordant ». Une inondation périodique qui s’explique selon certains riverains par la position géographique de la Commune d’Athiémé. ” Faut reconnaître d’abord que par la position géographique de la Commune d’Athiémé par ricochet, l’arrondissement d’Achannou, nous sommes dans le bassin versant du fleuve Mono. Sa situation fait qu’à moindre montée des eaux, certains villages sont déjà inondés », explique le Ca d’Achannou. Source d’amertume des habitants des villages inondés, la crue des eaux du fleuve Mono a déjà causé de nombreux dégâts comme l’estime dame Hounnou A. attristée par la situation : « On n’a plus d’abri. On est dans l’eau ainsi que tous nos effets. Hounnou Koffi ajoute : « La population d’ici est aujourd’hui sans abris. Il y a des maisons qui s’écroulent et les enfants sont vraiment exposés à des maladies ». Au Ca Firmin Adansi de poursuivre : « Ça me tient jusqu’au cou. Tous les champs sont inondés. On enregistre déjà beaucoup de cases qui sont tombées. Beaucoup sont sans abri depuis un bon moment. C’est un véritable calvaire que la Commune est en train de traverser ». Le Ca Julien Agossou soutient : « Sous peu, l’ambulance ne pourra plus transporter des trois centres de santé que couvre l’arrondissement pour la zone sanitaire. Vous allez à l’école primaire publique de Togblo aujourd’hui, l’eau dans les salles de classe va avoisiner 2m20. Sur les douze écoles de l’arrondissement, trois sont actuellement sous l’eau et les autres, accès difficile ».

Des hectares d’exploitations agricoles sous l’eau
Après constat, il ressort que le débit d’eau est élevé à un niveau supérieur au point que plusieurs hectares d’exploitations agricoles sont envahis par les eaux fluviales. Selon Julien Agossou, près de cent hectares, voire deux cent, trois cents hectares de culture sont emportées par l’eau. « Et les populations, on ne sait ce que ça va devenir », se lamente-il. A l’entendre, cette destruction de la production agricole va très bientôt conduire les populations vers une imminente famine. D’où l’urgence de trouver des solutions à la taille des dégâts. Un exercice auquel se sont attelées les autorités locales. Il faut entre autres actions menées, reconnaître le déplacement des sinistrées vers les familles d’accueil. Cela, en tenant compte de la situation sanitaire liée au Covid-19. « Nous nous sommes concertés, le conseil communal, le préfet et la Directrice du cadre de vie pour décider des solutions. Du fait du Covid-19, on a décidé que les sinistrées soient envoyées dans des familles d’accueil. Et quand les familles d’accueil peut-être seraient saturées, on a aménagé un site au centre pour toute la Commune, en face de la recette-perception d’alors ».

Limiter les dégâts
Pour éviter le pire, un travail préalable a été effectué par le gouvernement, il y a quelques mois au niveau de l’embouchure. Ce qui a quand même permis aujourd’hui de limiter les dégâts. « Un travail anticipé a été fait. C’est surtout au niveau de l’embouchure, ‘’La Bouche du roi” par rapport à ce qui s’est passé il y a deux mois à Ouidah, Kpomassè et Comè. L’embouchure avait été libérée. Ce travail a fait que malgré le débit très fort qui est envoyé, l’eau n’a pas pu faire des dégâts qu’on attendait. Sinon, 8.4, vous devriez avoir de l’eau ici à l’arrondissement », précise Julien Agossou qui au passage a remercié le gouvernement pour ses efforts. « Tant qu’il reste à faire, rien n’est fait », dit-on. Victimes des affres de la crue des eaux du fleuve Mono, autorités locales et populations appellent au secours. Les populations de la Commune d’Athiémé très perturbées en cette période de crue des eaux du fleuve Mono implorent l’assistance des autorités à divers niveaux afin de parer au plus vite. Les autorités locales ont quand même pris le grand soin d’installer au bord du fleuve, la Police pluviale afin d’éviter des cas de noyade et surtout empêcher la population de prendre le risque de traverser le fleuve. Pour le Ca Central d’Athiémé, l’aide de l’Etat ainsi que celle des partenaires restent indispensables en cette période « Nous lançons un appel vibrant à tous les partenaires quel que soit leur niveau d’intervention, à nous venir en aide, surtout aux âmes qui sont dans une grande amertume », implore le Ca Agossou.

Fraternité

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