Déclin d’un véritable tissu industriel: Sur les ruines de la Sonafel

0 3

Née sur les cendres de la Société dahoméenne des fruits (Sodaf), la Société nationale des fruits et légumes (Sonafel) est perçue jusqu’à ce jour comme étant un véritable tissu industriel, une marque vendable pour certains. Si la société a révolutionné d’une manière ou d’une autre l’agrumiculture au Bénin, elle a réussi à faire des pas de géants,  quant à la production et transformation des fruits. De l’huile d’orange y était produite et exportée, selon des confidences. La filière ananas a également connu un essor avec l’avènement de la Sonafel qui aura réussi à installer en 1976  une superficie de 100 ha pour la production. Une usine de production de jus et de zeste d’agrumes a été construite à Za- Alahé, mais n’a jamais été opérationnelle suite à la rupture des relations diplomatiques entre Israël et la République Populaire du Bénin. Les problèmes de financement n’ont pas permis l’entretien des plantations jusqu’à la liquidation de la Sonafel, renseigne un rapport d’évaluation de l’agrumiculture au Bénin. Dans les années 70, selon les archives consultées, la filière tomate béninoise a été l’objet d’une tentative non seulement de régulation, mais aussi de dynamisation. Ici aussi, la Sonafel avait installé à Natitingou, une usine de transformation d’une capacité de 9000 tonnes. L’usine a fonctionné à partir de 1979 mais a fermé en 1986 consécutivement à la faillite de la Sonafel. Alors que la plantation d’anacardiers a démarré dans les années 60 au Bénin avec la Société nationale des forêts (Snafor) qui a installé une usine de traitement des noix à Parakou, c’est la Sonafel qui va, une fois encore, reprendre l’activité de la filière dans un contexte beaucoup plus porteur. La Snafor ayant été liquidée pour mauvaise gestion. Cependant, la Sonafel a été liquidée à son tour, les Carder finissant par prendre le relais. Que reste-t-il aujourd’hui de cette société ? Un tour à Zakpota nous a permis de découvrir quelques infrastructures encore en place dans une brousse quasiment inaccessible. Outre quelques engins encore sur place, les espaces de transformation sont en pleine dégradation. Un endroit qui regorge de beaucoup de souvenirs pour certains.

 

A.B

Société – Matin Libre

Leave A Reply

Your email address will not be published.