Délocalisation des services de l’ANIP : A Abomey-Calavi, ambiance d’une journée surchargée

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Dans le but de se rapprocher de ses usagers afin de faciliter l’accès à ses prestations, l’Agence nationale d’identification des personnes (ANIP) a entamé la délocalisation effective de ses services. A la mairie d’Abomey- calavi, l’un des sites retenus pour les opérations, tandis que les uns jubilent parce que satisfaits, les autres sont toujours dans l’espérance.

12 heures 45 minutes. Ce mardi 27 juillet, les usagers de la mairie d’Abomey-Calavi semblent tous préoccupés. L’hôtel de ville, grouille de monde que d’habitude. Au service de l’Anip, une masse humaine bloque l’entrée. Munie d’une petite enveloppe ou d’une chemise dossier, l’impatience se lit sans aucun effort sur tous les visages. Joseph Atinkpato, 35 ans, est venu retirer son acte de naissance biométrique. Casquette vissée sur la tête, il est obligé de s’adonner à un jeu sur son smartphone afin de surmonter l’ennui qui devenait de plus en plus pesant. « Voyez-vous le monde, je suis ici depuis 8 heures et je ne suis pas sûr de pourvoir retirer ma pièce », nous a-t-il confié. Dans cette enceinte très étroite, ça bouge dans tous les sens. Encore un quart d’heure et l’affluence se dégèle très timidement. Depuis son bureau, le chargé des dossiers appelle un nom. D’un pas pressant, Joseph se précipite pour retirer sa pièce. « C’est comme une victoire pour moi. Je suis très heureux. J’attends cette pièce depuis un mois. Gloire à Dieu, je l’ai récupéré au moment propice. Je dois aussi dire que cette délocalisation de l’Anip nous a beaucoup aidés en matière de dépenses », a-t-il confié l’air émerveillé. A l’en croire, voulant postuler pour un concours, la détention de cette pièce est l’une des conditions exigées par les organisateurs. Cette joie, Gafarou Nonfon ne la partage pas. La trentaine, le visage serré, il marmonne tout seul. « Figurez-vous que c’est pour la cinquième fois que je viens ici sans satisfaction. J’ai déposé mon dossier depuis le 02 juillet, on me dit qu’on va m’appeler. Aujourd’hui, je suis venu en réponse à leur appel et on me dit encore que ce n’est pas prêt. Alors que j’ai besoin de la carte pour des opérations bancaires. Ils m’ont remis un récépissé mais la banque ne l’accepte pas. Il faut vraiment que ça change », fustige-t-il. Gafarou, n’est pas le seul dans une telle situation. Dame Constantine Fignonhou n’a pas pu résister à cette longue attente. Nourrice, elle est obligée de se retourner à la maison sans obtenir gain de cause : « J’ai un enfant de 4 mois que j’ai confié à son grand frère, il faut que je rentre », a-t-elle confié au pas de charge. Et, dans une telle situation, c’est Assogba Jean, l’agent du garde-vélo qui fait les frais : « lorsqu’ils n’arrivent pas à retirer leur pièce, ils refusent de payer, ils disent qu’ils ne sont pas satisfaits donc pas question de payer un garde vélo ».

Manque de personnel
« Je trouve formidable que l’Anip décide de décentraliser ses services. C’est une très bonne chose mais elle doit nous envoyer d’autres personnes pour faciliter la tâche à celui qui est là. Ce travail n’est pour une seule personne car la commune d’Abomey-Calavi est très grande et héberge beaucoup de personnes », déclare Dénankpo Didier, directeur général des services aux populations. Cette opinion, Gafarou la partage aussi : « Pour que tout le monde soit satisfait et content de cette décision, l’Anip doit renforcer sa ressource humaine a Calavi afin que le travail aille très vite et bien ».
Raoul Nana DONVIDE (Stag.)

Fraternité

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