Droits, santé sexuelle et reproductive au Bénin: L’Ong Ipas engage les discussions autour du Protocole de Maputo

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Il se tient depuis hier mercredi 4 août, et ce jusqu’au 6 août 2021 à Diaspora hôtel à Ouidah, un atelier sur la clarification des valeurs et la transformation des attitudes (Ctva) en lien avec le cadre légal notamment le Protocole de Maputo (2ème phase) qui régit les questions de santé de reproduction et droits connexes. Organisé par l’Ong Ipas, ledit atelier réunit Avocats, Magistrats des Cours et Tribunaux du Bénin, et des spécialistes des droits humains à Amnesty International-Bénin et Wildaf-Bénin. Il vise à améliorer la perception des participantes et participants sur les questions de droits en santé sexuelle et reproductive.

 

Selon une étude, 121 millions de grossesses non planifiées sont enregistrées dans le monde chaque année et 61% soit 73 millions de ces grossesses se terminent par un avortement. En Afrique subsaharienne, entre 2015 et 2019, 91% des grossesses sont non planifiées, 37% se soldent par un avortement et 88% des avortements sont pratiqués dans les pays en développement et pour la plupart sur des jeunes filles. Lorsqu’on s’intéresse au Bénin, il faut souligner que les avortements à risques représentent jusqu’à 15% des décès maternelles (Ministère de la santé, 2011). Une étude réalisée en 2016 sur la thématique révèle que 73321 avortements provoqués et 68922 avortements spontanés ont lieu au plan national. Aussi, selon la Stratégie nationale multisectorielle de la santé sexuelle et de la reproduction des adolescent(e)s et des jeunes 2018-2022, la prévalence de grossesses précoces et non désirées est de 18,8% avec pour conséquences : 274 222 grossesses par an, 73321 avortements provoqués, 68922 avortements spontanés, 14664 grossesses à terme avec enfant mort-né et 1 cas de mortalité maternelle sur 5 chez une mère célibataire de moins de 18 ans. Des chiffres qui font froid au dos. Pourtant, en termes des droits humains, l’individu a le droit ou non de se marier, d’avoir ou non d’enfant. Mieux, le Bénin, au même titre que d’autres Etats, a ratifié le Protocole de Maputo qui légalise l’avortement sous certaines conditions afin de préserver la vie ou la santé de la femme dans le cas d’une anormalité grave du fœtus, et si la grossesse résulte d’un viol ou d’un inceste. Dans un environnement où l’accès aux services de santé n’est pas adapté aux jeunes avec à la clé un défaut de dialogue, la stigmatisation des adolescents, les pesanteurs socioculturelles, une restriction juridique, cela ne favoriserait-il pas les avortements clandestins et à risques ? Lorsque l’avortement est le dernier recours pour la femme, ne faudrait-il pas l’y aider en toute sécurité ; c’est-à-dire en évitant la grossesse plutôt que de traiter en aval ses lourdes conséquences ? C’est justement entre autres, la réflexion et le débat qu’a voulu susciter Ipas chez les praticiens du droit et autres spécialistes des droits humains et de la santé sexuelle et reproductive pour faire bouger les lignes. Pendant les trois jours que dureront les travaux, les participantes et participants vont se pencher sur le Protocole de Maputo et son implication (Plan d’action), les dispositions légales au Bénin en matière de  santé sexuelle et reproductive et les engagements internationaux y afférents, l’environnement en matière d’accès aux services de santé adaptés aux jeunes. Aussi vont-ils procéder à la clarification des valeurs sur l’avortement, analyser le gap et proposer des actions nécessaires pour le respect du Protocole de Maputo au niveau des juristes. A l’ouverture de l’atelier, Merveille Ayihounton, Associate Program-Francophone Afrique a salué la diversité des participantes et participants puis, elle a souhaité une participation active et des échanges fructueux. Les travaux ont été placés sous la facilitation de Rolland Agbessi, Gestionnaire de projets, spécialiste en santé communautaire et de Firmine Seth Kpadé, Juriste, spécialiste en droit de la personne et de la démocratie.

Ipas, en bref

Par visioconférence, en direct depuis la Côte d’Ivoire, le chargé du partenariat au bureau régional de Ipas, Soro Aboudou est intervenu pour présenter la structure organisatrice de l’atelier. En bref, il faut préciser que Ipas est une Organisation non gouvernementale (Ong) internationale de droit américain, existant depuis 1973 et qui œuvre dans le domaine de la santé sexuelle et droits de la reproduction avec un focus spécial sur la réduction de la morbimortalité maternelle à travers l’offre de service contraception/Planification familiale, avortements sécurisés et contraception centrés sur la femme. L’approche de l’Ong, c’est la communication, le dialogue sur l’avortement sécurisé pour faire éviter des risques aux filles, et sauver des vies.

Société – Matin Libre

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