Elu par ses pairs: Voici la condition posée par Talon pour diriger l’Uémoa

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– Agbénonci parle aussi de ce qui a milité en faveur du président béninois

– Un mandat sous le signe des réformes et de la concertation

– Romuald Wadagni à nouveau président du conseil des ministres de l’Union

Patrice Talon ​ a pris part vendredi 25 mars 2022 à Accra au Ghana, à deux sommets​ avec ses pairs de la sous-région. Il s’agit du sommet extraordinaire de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao sur la situation au Mali, en Guinée et au Burkina-Faso, puis le sommet de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Uemoa. Dans une reddition de compte de la participation du Bénin à ces assises, le ministre des Affaires étrangères Aurelien Agbénonci qui était face à la presse à Cotonou, a annoncé ce samedi 26 mars, la nouvelle de l’élection du chef de l’Etat béninois à la présidence tournante de l’Uémoa.

« Je voudrais d’abord passer quelques instants sur la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Uemoa pour annoncer à notre population, pour annoncer à notre pays que le président Talon a été désigné comme président de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Uemoa​ », a laissé entendre le chef de la diplomatie béninoise. Depuis 2016 qu’il a pris les rênes du Bénin, c’est une première pour Patrice Talon. Son ministre Aurelien Agbénonci l’a souligné​ : «​ On notera que c’est la première fois que le président de la République accepte, après plusieurs demandes, de prendre la tête d’une de nos institutions sous régionales tant il a toujours souhaité se concentrer sur les priorités nationales et ne faire aucune campagne pour pouvoir prendre la tête d’institution sous régionale​ ». Qu’est-ce qui a alors milité en faveur du Bénin et motivé le chef de l’Etat béninois à finalement accepter cette charge​ ? «​ (…) cette fois-ci il était important qu’au vu de nos performances, au vu des résultats de notre pays, au vu du leadership dont le président ne cesse de faire montre, il était difficile qu’il refuse cette charge que ses pairs ont décidé de lui confier​ », a expliqué le ministre Agbénonci. Il poursuit​ : «​ Je dois dire que la désignation du président Talon pour diriger l’Uémoa dans les mois qui viennent vient couronner ses inlassables efforts tant aux plans national que régional. Le chef de l’Etat, comme vous le savez a œuvré activement en faveur de l’intégration régionale et de la gestion de certains dossiers sensibles​ : la réforme du FCfa, le financement de la lutte antiterroriste, la gestion de la dette, les conditions d’octroi de prêts aux pays comme les nôtres, vous vous souvenez de la grande réunion de Dakar où le président avait démontré que les institutions internationales ne jouaient pas vraiment pas le jeu du développement, donc il a aussi, au vu de nos résultats démontré au plan national, qu’on pouvait, avec des efforts, mettre en place un modèle exemplaire de gouvernance économique. Même les contempteurs, ceux qui ne sont pas d’accord avec nous, c’est-à-dire l’opposition et les personnes, qui ne partagent pas la manière dont nous gérons les affaires publiques reconnaissent que le Bénin fait des progrès sur le plan économique​ ». Et d’ajouter​ : «​ le président a posé une condition avant d’accepter ce mandat-là. La condition qu’il a posée c’était d’accepter qu’il acceptait le mandat de président de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Uémoa si ses pairs, ses collègues chefs d’Etat consentaient à une première réforme​ : celle de faire coïncider le pays qui détient la présidence du conseil de ministres avec le pays qui a la présidence de la conférence des chefs d’Etat​ ». Le chef de la diplomatie béninoise s’est voulu on ne peut plus clair​ : «​ Je vous explique​ : il était difficile d’avoir un président de l’Uémoa qui soit d’un pays A et un président du conseil des ministres qui est généralement un ministre des Finances d’un pays C ou d’un pays B parce qu’un président en exercice ne peut pas solliciter systématiquement un ministre qui relève d’un autre chef d’Etat sur les questions de l’Uémoa​ ; tout comme il était difficile pour un ministre d’un pays différent de celui du président de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement, difficile pour un tel ministre de pouvoir avoir avec le chef d’Etat président de la conférence, le genre d’interactions nécessaires pour conduire les réformes. C’était un arrangement très particulier qui avait peut-être une raison fondée dans le passé mais qui ne répond plus à l’impératif de la célérité dans la conduite des réformes, à l’impératif de la concertation permanente qu’il faut entre le président du conseil des ministres et le président de la conférence. Donc le président Talon a souhaité que désormais le président du conseil des ministres et le président de la conférence des chefs d’Etat soient du même pays​ ». Et cette réforme du président Patrice Talon a eu systématiquement un effet induit au niveau de l’Union. Aurelien Agbénonci en a fait cas dans son compte rendu​ : «​ Et bien naturellement, mon collègue Wadagni va reprendre la présidence du conseil des ministres de l’Uémoa pour pouvoir servir efficacement notre Union sous le leadership du président de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement qu’est le président Patrice Talon​ ».​

Un mandat sous le signe des réformes…

Les choses commencent dans un esprit de réformes, de transformation nécessaire de notre Union, a souligné le ministre béninois des Affaires étrangères. La proposition ou la condition posée par le président Talon et acceptée par ses pairs en est déjà une preuve. << (…) je dois dire que son mandat sera placé sous le signe de l’effort, sous le signe d’une volonté de réformes, sous le signe d’une constance dans la recherche de l’efficacité comme c’est le cas dans notre pays, et d’une bonne gouvernance assumée dans un esprit de concertation permanente avec les autres chefs d’Etat. Son intention n’est pas de donner la leçon à qui que ce soit​ ; son intention c’est de rechercher constamment, avec les autres chefs d’Etat, les solutions les plus appropriées pour les progrès à notre sous-région >>, a fait savoir Aurélien Gbenonci.

L’Uémoa en question

Au sujet des missions de l’Uemoa, le ministre des Affaires étrangères a rappelé que << la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement est l’organe suprême de l’Uemoa et son attribution principale c’est de définir les grandes orientations de la politique de l’Union >>. Elle se réunit, poursuit-il, en session ordinaire au moins une fois par an et peut tenir plusieurs sessions extraordinaires. << Le sommet de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), institution sous régionale créée depuis 1994 comprend 8 pays. Elle œuvre pour l’édification en Afrique de l’ouest d’un espace économique harmonisé et intégré au sein duquel est assurée une totale liberté de circulation des personnes, des capitaux, des biens, des services et des facteurs de production >>, renseigne Aurélien Agbénonci qui a profité pour annoncer que la prise de charges par le nouveau président de l’Uémoa (2022-2023) se fera à travers un sommet probablement virtuel en Avril prochain. << Et un peu plus tard dans l’année nous aurons un sommet en présentiel à Cotonou >>, conclut le chef de la diplomatie béninoise.

JB

Société – Matin Libre

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