Entreprenariat au Bénin : Des blocages aux bonnes idées

0 1

Un peu partout dans le monde, le taux de jeunes diplômés sans emploi augmente jour après jours. Pour ne pas se retrouver sans source de revenus financiers, beaucoup se tournent aujourd’hui vers l’entreprenariat. Mais une fois dans le domaine, ils se voient heurtés à de nombreuses difficultés qui, d’une manière ou d’une autre, portent un coup d’arrêt à leur projet.

Une alternative contre le chômage. C’est ainsi qu’est perçu aujourd’hui l’entreprenariat. Dès lors, le nombre d’entrepreneurs ne cesse de croître jour après jour. Dans le rang de ceux-ci, ils sont nombreux à se lancer dans le domaine, dans l’objectif de gagner des revenus et d’être autonome. D’après certains coaches entrepreneurs, lorsque l’argent est la motivation première d’une idée d’entreprise, le risque d’abandonner malgré toute sa volonté de réussir est grand. « Souvent aux débuts des projets, les entrepreneurs ne gagnent rien. L’argent étant la raison fondamentale du projet, ils risquent d’abandonner à la longue », souligne Darsain Sènou, un conférencier entrepreneur. A l’entendre, l’argent semble ne pas être une motivation suffisante pour entreprendre.
En Afrique et surtout au Bénin, l’environnement est un frein pour l’entrepreneuriat selon quelques-uns des néo-entrepreneurs rencontrés. En effet, en raison de leur jeune âge, l’entourage a de la réticence à leur faire confiance. Dans la plupart des cas, leur compétence dans le domaine envisagé est remise en cause. « Au début de mon activité, personne ne me croyait capable de produire quelque chose de qualité puisque j’avais 21 ans. Il a fallu que j’ignore ces préjugés avant de pouvoir démarrer », a confié Jeannesse B., une agronome spécialisée dans la fabrication de jus de fruit.

L’argent, le nerf de la guerre
Il est un secret de polichinelle que le manque de moyens financiers est la grande difficulté à laquelle font face les entrepreneurs un peu partout en Afrique. Bon nombre des personnes interrogées sur le sujet, ont confié n’avoir pas pu débuter une activité dans les domaines dans lesquels ils ont été formés faute de moyens financiers. Depuis toujours, la finance n’a cessé d’être une source d’abandon des idées d’entreprises. « Le plus gros et lourd problème qui m’empêche actuellement de débuter mon activité est le manque de moyen financier. Pour le moment, je me contente de vacciner des animaux, sinon je me serais lancé dans mon projet d’agriculture », a confié Eustache Kpatenon, un agronome en productions animale et végétale. A cela, s’ajoutent les tracasseries liées au local de travail. Des années en arrière, trouver un emplacement pour y travailler était chose facile. A plus forte raison en Afrique, les aïeux cultivaient sur de vastes territoires sans jamais se soucier d’une quelconque pénurie. Aujourd’hui, trouver un lopin de terre favorable pour l’agriculture est un véritable casse-tête pour les maraichers. A ce propos, Adji Silvain, un jardiner fait part de ces difficultés : « J’ai eu du mal à trouver de la terre exploitable pour le maraîchage bien que mon père possède des terrains. Je me suis donc associé avec des amis mais par la suite, après tous les efforts fournis, nous avons constaté que le terrain ne répondait pas à nos attentes. Des champignons poussaient dans les planches de légumes et dévastaient tout ». De son côté, Gildas Aniambossou, promoteur de Tremplin Office, une entreprise de pâtisserie-cuisine s’est vu confronté à la même situation à ses débuts. « J’avais eu du mal à trouver le local. Du coup, je négociais pour pouvoir travailler. Je me rappelle encore, il y a un monsieur qui me louait son local, on y travaillait mais tantôt, il venait couper le courant et il prétextait que c’est la SBEE qui l’a fait », raconte-t-il. Parfois, dans les cas où il est arrivé de débuter ses activités malgré les obstacles rencontrés, le nouvel entrepreneur du 21ème siècle fait face à une autre ultime difficulté qu’est le marché d’écoulement. En fait, au début de leurs activités, les néo-entrepreneurs ont du mal à se trouver un marché de consommation adéquat à leur production. En témoigne Yves Gnonnamane, un maraicher victime de la situation : « C’est le marché d’écoulement qui crée beaucoup de problèmes à notre niveau. Nous n’avons pas assez de clients. Les quelques-uns qui viennent, pour un produit que vous espérez vendre à 1000 F, ils disent 700 F ou 800 FCFA. Très souvent, nous sommes obligés de le leur livrer pour éviter qu’ils pourrissent », a-t-il confié. Face à toutes ces difficultés, les entrepreneurs et coachs entrepreneurs rencontrés n’ont pas manqué de donner quelques astuces de réussite pour les personnes désireuses de se lancer dans le domaine.

Quelques astuces de réussite

Il est connu de tous aujourd’hui que l’entrepreneuriat est un monde de challenge où seuls les persévérants arrivent à se faire une place. Ainsi, pour s’en sortir, la personne désireuse de se lancer dans ce domaine est contrainte de se trouver une source de motivation qui dépasse de loin l’argent. Selon certains entrepreneurs, cette personne ne réussira que quand elle est passionnée par ce qu’elle fait. D’après le promoteur de Tremplin Office, « si vous n’avez pas de la passion pour ce que vous faites, vous ne réussirez pas ». A l’écouter, le nouvel entrepreneur doit se trouver une raison assez rigide pour servir de moteur à son entreprise.
En ce qui concerne les difficultés financières, le conférencier en entrepreneuriat, Darsain Sènou estime que quitter son emploi pour se consacrer uniquement à l’entrepreneuriat surtout au début du projet, est une erreur que commettent certains jeunes entrepreneurs. A l’entendre, il vaut mieux avoir une activité qui rapporte de l’argent et l’investir dans son entreprise que d’avoir l’entrepreneuriat seul pour activité. Il n’a pas manqué de revenir sur la nuance entre salaire de l’entrepreneur et revenu de l’entreprise. A son avis, prendre pour salaire le revenu de l’entreprise est un acte qui à la longue peut être fatale à l’entreprise. De ce fait, les nouveaux entrepreneurs sont tenus de s’armer de détermination et de courage pour mener à bien leur activité.
Nadine BEHANZIN (Stag)

Fraternité

Leave A Reply

Your email address will not be published.