Etudes universitaires : Les raisons d’un dégoût

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10 à 15 années en arrière, être étudiant dans une université était le rêve le plus cher de la majorité des élèves. Après l’obtention de leur Baccalauréat, ils sont excités à l’idée de mettre pied dans les universités et porter le nom d’étudiant. Mais aujourd’hui, la donne a changé. L’envie de poursuivre les études a presque disparu. Beaucoup d’entre eux préfèrent les centres de formations professionnelles que le haut lieu du savoir. Une meilleure option à leur avis mais qui n’est pas sans risques.

Manque de moyens financiers, chômage ambiant, besoin d’avoir une source de revenus, avenir douteux avec les formations académiques. Ce sont là les premières raisons qui justifient l’abandon des études universitaires par certains nouveaux bacheliers. Depuis quelques années, la plupart de ces nouveaux diplômés du Baccalauréat ont de la réticence à se rendre dans les universités. Ils sont nombreux aujourd’hui à trouver refuge dans les centres de formations professionnelles. Pour certains bacheliers, l’une des raisons qui expliquent ce choix est le manque de moyens financiers. Ingrid, une hôtesse de vente dans une pâtisserie, confie : « J’ai dû m’arrêter au Bac parce que les parents n’ont pas assez de moyens pour subvenir à mes besoins pendant tout le temps que je passerai à l’université. Donc, je me suis lancée dans de petits jobs pour pouvoir trouver de l’argent et me faire former en stylisme ». Si pour les uns, c’est le manque de moyens financiers qui est à l’origine de ce phénomène, pour les autres, c’est le nombre de diplômés sans emplois que compte aujourd’hui le Bénin qui leur a enlevé toute envie de poursuivre les études universitaires. « En voyant mes ainés au chômage, malgré leurs grands diplômes, cela m’a découragé. Pour ne pas vivre la même situation qu’eux plus tard, j’ai décidé de faire autre chose », déclare Murielle D., stagiaire dans un organe de presse de la place. A l’entendre, le marché de l’emploi béninois n’est pas en adéquation avec les curricula de formation. Les formations professionnelles seraient donc le moyen adéquat pour échapper au chômage.

Une option avantageuse !
Avec les demandes d’offre de services qui ne cessent d’accroitre à cette ère où la modernisation s’impose à tous, une personne désireuse de se lancer dans l’apprentissage d’un métier a, à sa portée, une diversité de domaines dans lesquels elle peut se faire former. Selon Janine Ahoton, Enseignante d’Espagnol, le nouveau bachelier qui se lance dans une formation professionnelle a plus de chance pour se trouver un gagne-pain. « À la fin de sa formation, il a la capacité de mettre ses compétences au service de ceux qui sont dans le besoin pour en tirer de quoi vivre aisément. », explique-t-elle. Elle est soutenue dans ses propos par Juste Lanlenou, Spécialiste en Sécurité d’hygiène et environnement qui affirme avoir connu des personnes ayant arrêté les études juste après le Bac, mais qui vivent mieux aujourd’hui. A l’en croire, celui qui opte pour ce choix ne s’est pas trompé de chemin. Mais bien qu’elles paraissent aux yeux de tous comme une porte de sortie, elles présentent parfois des revers fâcheux.
Nul n’est sans savoir qu’au Bénin, la qualification professionnelle est un critère non négociable d’embauche. A ce sujet, le niveau intellectuel ou les diplômes sont mis en avant dans les recrutements. « Pour employer dans nos sociétés, qu’elles soient publiques ou privées, ce sont les diplômes d’abord, les expériences professionnelles peuvent venir après. N’oublions pas que, dans un passé récent, des fonctionnaires d’Etat ont été relevés de leurs fonctions pour défaut de diplômes. D’après le peu d’expériences que j’ai, les études ne mentent jamais. Elles payent toujours », a précisé le spécialiste Juste Lanlenou. Il découle donc de ces propos que les études universitaires ne sont pas une perte. Elles ont leur notoriété dans le monde professionnel. Une négligence vis-à-vis des études pourrait, d’une manière ou d’une autre, être fatale.

Le meilleur choix à faire
Au regard des éventuels dangers auxquels peuvent être exposés plus tard les nouveaux bacheliers qui abandonnent les études universitaires pour se consacrer uniquement à l’apprentissage d’un métier, il serait judicieux de trouver un équilibre entre les deux options. L’idéal serait donc de jumeler les deux possibilités qui s’offrent à eux. « Le meilleur choix est de faire l’effort de conduire simultanément études universitaires et formation professionnelle », a exhorté Janine Ahoton. Ceci étant, les nouveaux étudiants sont appelés à s’armer de courage et de détermination pour réussir des deux côtés. Dans de telles circonstances, orienter les études universitaires vers les formations professionnelles pratiques apparait comme un besoin de première nécessité pour le système éducatif béninois. Satisfaire ce besoin dans l’immédiat sera un acte qui calmerait tant soit peu les inquiétudes liées au chômage.
Nadine BEHANZIN (Stag.)

Fraternité

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