Landry Kassa, bénéficiaire du Programme ABE Initiative/Japon: “ Les bourses de la JICA sont des bourses très attractives’’

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Bénéficiaire et lauréat de la 5ème promotion du Programme African Business Education for youth (Abe), Landry Kassa est de retour au bercail après trois (03) ans d’études en agroéconomie à l’université de Tokyo au Japon. Son séjour a été également ponctué par un stage dans une entreprise nippone. Le gouvernement du Japon, à travers ce programme piloté par l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), entend renforcer son appui pour une croissance dynamique de l’Afrique en s’appuyant sur le partenariat public-privé. Pour Landry Kassa, les bourses de la JICA sont très attractives et constituent une réelle opportunité pour les jeunes africains.

 

Monsieur Landry Kassa, après trois ans de séjour au Japon, vous êtes de retour au Bénin après avoir poursuivi vos études dans une université japonaise grâce au Programme de Master ABE Initiative. Pourquoi avoir choisi de postuler à ce programme ?

Le programme de Master ABE Initiative de la JICA est un programme très intéressant parce qu’il nous offre une bourse pour aller étudier au Japon, expérimenter le mode de vie et de travail des japonais, acquérir une expérience aussi bien dans le cadre des études que dans le monde du business, être en contact avec la culture japonaise. Quand on prend en compte tous ces aspects, c’est une bourse très attractive en réalité. La bourse de la JICA m’a vraiment permis d’aller apprendre comment les japonais travaillent et comment ils continuent à développer leur pays.

Qu’est-ce qui vous a amené à postuler et pourquoi avez-vous choisi le Japon plutôt qu’un autre pays?

Je me suis intéressé à la culture japonaise très tôt avec la télévision. J’ai aussi eu l’occasion de prendre des cours de langue japonaise et tout ce que mon professeur japonais et tous ceux qui avaient expérimenté le Japon me disaient m’ont motivé à vouloir aller expérimenter cela par moi-même et voir comment cela pourrait contribuer à mon développement personnel.

Dans quelle ville étiez-vous exactement ? Quelles étaient les conditions de prise en charge, de vie ?

J’ai vécu à Tokyo. Au prime abord, je dirai que la bourse de la JICA “ABE Initiative“, est l’une des meilleures bourses auxquelles on peut postuler parce que l’assistance et la prise en charge et autres sont vraiment meilleures comparativement aux autres bourses japonaises, à d’autres bourses un peu partout dans le monde. J’ai pu étudier de façon paisible et sans difficultés, bien que Tokyo soit une ville vraiment chère et qu’il soit difficile d’y vivre en tant qu’étudiant.

 

Quelles étaient vos impressions pendant votre séjour au Japon ?

Avant d’aller au Japon, j’en avais une très haute opinion qui s’est confirmée et renforcée pendant mon séjour. J’ai expérimenté beaucoup de choses, j’ai eu beaucoup d’opportunités. Par exemple, j’ai eu à rencontrer et à interagir avec beaucoup de personnes d’horizons différents. La bourse de la JICA permet à beaucoup d’africains de venir au même endroit et de collaborer et tout cela facilite les échanges et les partages d’expériences. En plus de tout ce que j’ai appris des japonais, j’ai enrichi mes connaissances et j’en sors grandi.

Evidemment tout n’a pas été rose durant votre séjour au Japon. Y’a-t-il eu des aspects négatifs durant votre séjour au Japon?

Je dirai que c’était plus la barrière culturelle et quand je parle de barrière culturelle, ce n’est pas seulement la langue. Les japonais ont leur culture, un fort sens civique, l’amour du pays, le respect des autres et c’est difficile, pas seulement pour les africains ou les béninois de s’adapter à cette culture ou à cette façon de vivre. Par ailleurs, la pandémie a changé beaucoup de choses et l’une des difficultés majeures a été de se réadapter. Je m’étais adapté à peine à la vie normale du Japon que j’ai encore dû changer beaucoup de choses. Les rencontres que l’on faisait d’habitude, les rencontres de networking section où plusieurs personnes, chefs d’entreprise, professeurs s’asseyaient pour discuter et essayaient de se connecter n’étaient plus possibles, tout a commencé à se faire en ligne. Cela a freiné beaucoup d’opportunités qui auraient pu se créer à l’avenir. Ce sont les deux difficultés majeures que j’ai eues au Japon.

Qu’est-ce qui vous a le plus positivement marqué ?

Les japonais sont un peuple serviable, prêt à aider. Quand il y a une opportunité et que tu en parles aux japonais, ils sont prêts à mettre les ressources qu’il faut pour contribuer, assister à condition que ce soit quelque chose de pertinent et surtout de durable. Leur humilité et autres valeurs font qu’ils ne sont pas présents un peu partout dans le monde. J’ai eu à beaucoup apprendre, j’ai changé positivement mes habitudes.

Pour en revenir à l’objet de votre séjour, au Japon, sur quoi a porté votre thème de recherche ?

J’ai travaillé sur la diversification des systèmes mixtes agriculture-élevage et puis j’ai essayé de mesurer l’effet de cette diversification sur le bien-être des exploitations agricoles en zone rurale. C’est le thème sur lequel j’ai fini par travailler. J’ai dû en effet réajuster mon sujet d’étude pour me réadapter à cause de la pandémie. Au départ, je voulais travailler sur l’intégration entre agriculture et élevage et j’étais censé revenir au pays pour faire une collecte de données mais la pandémie du Covid-19 m’en a empêché.

Qu’avez-vous appris de significatif et que vous pourriez mettre au service du développement de l’agriculture au Bénin ?

L’agriculture telle qu’elle est faite au Bénin, n’est pas la même qu’au Japon. Aujourd’hui, le numérique est très important pour développer tous les secteurs et au Japon, numérique et agriculture vont de pair. La digitalisation et autres technologies sont utilisées à bon escient pour améliorer l’agriculture. Il y a beaucoup de ces problèmes qui peuvent être résolus grâce à ces technologies. Ici, ce serait d’essayer de voir comment rendre ces technologies accessibles aux producteurs béninois pour améliorer la qualité de la production, améliorer la productivité au niveau national et aussi l’économie.

Le programme de Master comprenait un stage en entreprise. Comment avez-vous vécu cette expérience ?

Déjà au cours de mes études, je voulais essayer d’améliorer l’efficacité des systèmes agricoles. Mon stage s’est fait à SoftBank Corp., qui est une entreprise qui touche à divers domaines d’activités. En fait, j’ai été surpris et content de voir qu’ils avaient un certain nombre de projets reliés à l’agriculture et à l’utilisation des technologies telles que l’internet des objets pour améliorer les systèmes agricoles. Mon stage m’a permis d’avoir une ouverture d’esprit sur beaucoup d’autres sujets, puisque j’ai eu à travailler sur d’autres sujets comme le E-commerce. Au final, ma stratégie pour améliorer l’efficacité des systèmes agricoles se penche plus sur l’agri E-commerce, c’est-à-dire comment combiner l’E-commerce et puis l’agriculture pour essayer d’améliorer les chaînes de valeur existantes au Bénin.

Pourquoi n’avez-vous pas choisi de travailler au Japon ?

Le Japon est un pays attractif pour travailler mais en réalité, il y a beaucoup d’opportunités au Bénin. La vraie question c’est comment utiliser ces opportunités. Là où nous voyons des problèmes, ce sont en réalité de nombreuses opportunités. La raison pour laquelle j’ai décidé de revenir, c’est parce que je pense qu’en Afrique en général et au Bénin, en particulier, il est possible d’utiliser tous les connaissances et savoirs acquis au Japon pour contribuer au développement. Le Japon s’intéresse beaucoup à l’Afrique et l’Afrique, c’est le futur comme on le dit.

Maintenant que vous êtes rentré, quelles sont vos perspectives ?

Actuellement, j’essaie de travailler sur certains projets que je pense vraiment importants pour le développement du secteur agricole en général, tout en réfléchissant aux opportunités que je peux utiliser ici et continuer cette longue relation avec le Japon. Par ailleurs, puisque mon intérêt est beaucoup plus orienté vers l’internet des objets, je réfléchis à améliorer les systèmes agricoles avec ce genre de technologies. Je pense vraiment continuer à approfondir mes études dans ce domaine.

Un message à l’intention de ceux qui seraient intéressés à postuler à des bourses ou programmes de formation offerts par le Japon ?

Les bourses de la JICA sont des bourses très attractives, ce sont les meilleures bourses auxquelles il faut postuler. Les japonais ont des technologies qu’on n’a pas forcément au Bénin, une autre façon de faire. Si la majorité des jeunes africains ont cette opportunité d’aller étudier au Japon, je pense que cela impactera beaucoup de secteurs. Je dirai à tous ces jeunes qui s’intéressent aux bourses de la JICA de ne pas se décourager, de postuler parce que c’est l’une des meilleures opportunités qui s’offrent à eux.

Pour en savoir plus sur les programmes de formation long terme de la JICA, envoyez un e-mail à jicabn_study_japon@jica.go.jp

Les programmes de la JICA

-African Business Education (ABE Initiative) tourné vers le développement des industries en Afrique ;

-SDGs Global Leadership Program en lien avec les Objectifs de Développement Durable ;

– Agriculture Studies Networks for Food Security (Agri-Net) pour le développement des ressources humaines dans le domaine de l’agriculture ;

-Solving Social Challenges by Information Communication and Technologies pour développer des ressources humaines de haut niveau qui pourraient contribuer à la promotion de X-TECH et de l’innovation.

Société – Matin Libre

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