Le DG/Fac Gilbert Déou Malè au sujet du décès de Kwami Mensah: «C’est un artiste engagé qui est parti les armes à la main … »

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Quelques heures avant la mort de l’artiste chanteur Kwami Mensah, le Directeur général du Fonds des arts et de la culture, Gilbert Déou Malè, à la tête d’une forte délégation, était allé au chevet du patient sur instruction du Ministre du tourisme de la culture et des arts, Jean Michel Abimbola. Il fait part de ces palpitants moments à travers cet entretien accordé à Sosthène Fadairo, journaliste à Océan Fm. 

 

 Le monde la musique pleure depuis samedi dernier le décès de Kwami Mensah. Lorsque  vous avez reçu les nouvelles quel était votre état d’âme ?

La déception mais en même temps une révélation. Parce que la nouvelle nous a surpris en ce sens que nous l’avons vu quelques heures avant son décès. Et rien ne montrait qu’on pourrait le perdre. Et c’est là la surprise.

Vous disiez que vous l’avez vu quelques heures avant son décès. Cela implique que vous étiez à son chevet à l’hôpital. Qu’est-ce qui a motivé cette démarche ?

De manière administrative, la direction a l’habitude d’accompagner les artistes en cas de maladie. Mais puisque c’était un weekend, vous vouliez savoir pourquoi cette promptitude ? Nous avons le sentiment que pour un cas  de maladie nous n’avons pas besoin de lésiner ou de mettre en place une procédure administrative  avec beaucoup de protocole. Donc, lorsque la nouvelle est tombée, nous étions déjà au petit matin, nous avons estimé qu’il faut aller au plus vite. Nous, on l’avait trouvé dans un état pas trop critique, puisqu’il avait parlé avec nous. Et l’instant d’après, il m’a même écrit. Et donc, on était tous confiants. Malheureusement, Dieu seul sait ce qui s’est passé subitement.

Avec cette démarche que vous avez effectuée, est-ce que vous avez le sentiment d’avoir fait œuvre utile avec ce qui est arrivé finalement ?

Supposons un instant que nous n’ayons rien fait et cela arrive comme cela. On aura ça sur notre conscience et on aurait même dit que si on l’avait fait peut être que… Mais nous l’avons fait et malgré ça ce qu’on redoutait est arrivé. Ça signifie que face à la mort l’homme ne peut rien.

En tant qu’artiste Kwami Mensah a fait ses œuvres. Quelle image gardez-vous de lui ?

D’abord, il fait partie des héritiers. Il est né artiste d’un père artiste qu’on ne présente plus. Et il s’était donné comme défi de mener un combat, celui d’accompagner ses pairs pour qu’un pan de la culture soit révélé. Et c’était aussi le combat de son père. Et pour ce, il faut travailler à ce que la salsa aille au-delà de nos frontières mais avec la marque que le Bénin en soit le premier. C’était ça son combat. Vu sous cet angle, nous comprenons que c’était un artiste engagé qui malheureusement est parti les armes à la main. C’est dommage, c’est malheureux. Son œuvre doit faire école au sein des acteurs culturels. Parce que lorsque vous avez le talent, vous avez le don que vous cultivez et que vous mettez au service de votre communauté, comme on le dit l’artiste ne meurt jamais.

Un mot à l’endroit de la famille éplorée et pourquoi pas à l’endroit de vos collègues artistes ?

A l’endroit de la famille, ce qui est de coutume, c’est de leur présenter les condoléances des artistes en tant que directeur. Et profiter pour leur dire que c’est Dieu qui a donné et c’est Dieu qui a repris. Puisque, il ne manquait pas des moyens pour ses soins. Je vous ai dit qu’aux environs de 15 heure, nous nous écrivons déjà. Donc, personne ne pouvait imaginer qu’on ne le reverrait plus. Et je vais profiter de l’occasion pour dire aux acteurs culturels que ce nous faisons nous suit. Si vous voyez un peu comment ça s’est passé avec Mensah, vous allez comprendre qu’il y a la main de Dieu derrière.

 

Transcription : Teddy GANDIGBE

Société – Matin Libre

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