Lois à polémiques votées au parlement: Le gouvernement s’explique et rassure

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Trois lois nouvellement votées à l’Assemblée nationale à savoir celles relatives à la santé sexuelle et la reproduction, à la répression des infractions liées au genre et au code de la personne et de la famille ; continuent d’alimenter dans l’opinion, la polémique. Pour apporter plus d’éclaircissement sur les tenants et aboutissants de ces lois en question, le Ministre de la Justice et de la législation, son collègue des affaires sociales et de la microfinance, celui de la santé mais également le Secrétaire général adjoint du gouvernement et Porte-parole du gouvernement étaient tous hier, lundi 25 octobre 2021 à Cotonou, face à la presse.

 

Face aux professionnels des médias, plusieurs membres et Porte-parole du gouvernement se sont prononcés sur les récentes lois à polémiques. Au nombre de ces lois, figurent celles ayant trait à la santé sexuelle et la reproduction, à la répression des infractions liées au genre et au code de la personne et de la famille. Dans son introduction, le Secrétaire général adjoint du gouvernement et Porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji a estimé que l’exécutif est en train d’être hâtivement jugé, par rapport à ces différentes lois. « Certains d’entre les béninois ont pu amalgamer. C’est pour apporter toutes les lumières possibles sur ces lois que cette séance est organisée », a-t-il évoqué. A sa suite, chacun des trois Ministres est passé au pupitre, pour éclairer l’assistance sur les contours du vote de ces lois qui selon le Porte-parole, font partie des reformes du gouvernement de Patrice Talon.

L’avortement est bien encadré

Pour le  Ministre de la santé, Benjamin Hounkpatin, la loi sur la santé sexuelle et la reproduction, nouvellement modifiée par les députés prévoyait déjà dans son article 17, certaines conditions pouvant faire intervenir l’interruption d’une grossesse. Seulement,  il a évoqué que ces conditions vu l’évolution de la société béninoise, ne répondaient plus à toutes les réalités actuelles d’autant plus que 60% des files au Bénin ont déjà leur premier rapport sexuel avant l’âge de 18 ans. D’où pour lui, la loi modificative. Avec donc la nouvelle loi, Benjamin Hounkpatin laisse entendre que les nombreux décès liés aux avortements clandestins seront désormais palliés avec l’Interruption volontaire de grossesse (Ivg). Néanmoins, l’autorité ministérielle a laissé croire que le gouvernement en autorisant l’avortement, a bien précisé les nouvelles conditions dans lesquelles, il devra être fait. Lesquelles conditions sont pour lui, bien pensées pour ne pas donner libre choix à cette pratique, comme l’affirment certains. En résumé, cette loi d’après ses propos vient corriger les pratiques sauvages d’avortement qui se déroulent dans des coins du pays et qui font plus de 200 décès chaque année, dans le rang de ces femmes. « Des décrets d’application viendront encadrer tout cela et ne permettront pas les avortements tous azimuts comme le pensent des gens », a-t-il signifié.

Le mariage précoce désormais criminalisé

En ce qui concerne le Ministre des affaires sociales et de la microfinance, le Bénin a fait des avancées à travers ces lois. Dans la loi relative à la répression des infractions liées au genre, Véronique Tognifodé a loué ces avancées. A l’entendre, elles concernent la criminalisation du mariage précoce des enfants, la répression du viol, de la mutilation génitale et d’autres infractions du genre. Elle se dit donc étonnée de voir tant de polémiques autour, du moment où l’avènement de l’Institut national de la femme devrait ouvrir la brèche à ces corollaires.

Les fiançailles sont institutionnalisées

Enfin, la dernière loi dont il était question au cours de cette séance interactive incarnait le code de la personne et de la famille. A entendre le Ministre de la Justice et de la législation à ce sujet, des avancées majeures sont encore à noter. Il s’agit par exemple de la connaissance mutuelle de la famille qui précède désormais les fiançailles. Mieux, Séverin Quenum a également évoqué la disposition relative aux noms de famille des enfants. « Désormais le père et la mère peuvent donner leurs noms ou un des deux à leurs enfants. Le législateur a encore prévu des encadrements au cas où il y aura de contestations », a-t-il estimé. En conséquence, les décrets d’application viendront, rappelle-t-il, définir la mise en vigueur de ces lois. Ils n’ont pas oublié de balayer de revers, les rumeurs liées à toute éventualité d’adoption de l’homosexualité  ou de favoritisme lié au tourisme de masse et qui conditionneraient l’adoption de ces lois.

 

J.G

Politique – Matin Libre

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