Lutte contre l’exploitation des enfants dans l’Ouémé: Amnesty lance un projet de sensibilisation

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Amnesty international Bénin a procédé vendredi, 24 septembre 2021 au lancement d’un projet de sensibilisation et d’éducation des parents et patrons d’ateliers de la vallée de l’Ouémé contre la traite et l’exploitation des enfants. La cérémonie de lancement qui s’est déroulée à Dangbo a été marquée par la présence du roi Agon de la vallée ainsi que de la directrice départementale des affaires sociales…

 

Neuf (09) localités des communes d’Adjohoun, Bonou et de Dangbo dans le département de l’Ouémé seront impactées par le présent projet initié par Amnesty international Bénin afin de contribuer à la lutte contre la traite et l’exploitation des enfants. Prévu pour durer cinq mois, le mini-projet vise une mobilisation des acteurs engagés dans la lutte en vue d’un véritable épanouissement de la couche juvénile, souvent victime de violences domestiques, d’exploitation économique, travail forcé, mariage forcé ou encore des violences sur les lieux d’apprentissage. A travers près d’une vingtaine de séances de sensibilisation communautaire et scolaire ainsi que des émissions radiophoniques, Amnesty entend, grâce à ce projet, inverser la tendance relative aux droits des enfants dans la vallée de l’Ouémé. A en croire le Directeur exécutif d’Amnesty, Dieudonné Dagbeto, le département de l’Ouémé serait l’une des principales zones de recrutement pour la traite des enfants aux fins de leur exploitation dans les pays voisins. Une situation qui serait facilitée par la proximité avec le Nigéria. « Les enfants de cette communauté qui se retrouvent donc de l’autre côté de la frontière, sur initiative générale des parents, seraient parfois soumis à la servitude domestique et contraints à travailler dans les champs, dans des exploitations, les carrières artisanales, sur des chantiers de construction, ou en tant que vendeurs dans les rues ou dans les marchés. Malheureusement, ces cas d’abus et de graves violations des droits des enfants ne sont presque jamais signalés aux agents de protection et se feraient même avec la complicité des parents et des personnes quand même “éclairées“ », déplore-t-il. Une triste situation malgré l’arsenal juridique protégeant l’enfance au Bénin. Ainsi, pour plus d’impact et de pérennité, Amnesty s’engage à déployer le projet en synergie avec les acteurs communautaires et structures engagées dans la lutte dans l’Ouémé. Notons qu’il est prévu également des séances de vulgarisation de la Ligne d’assistance aux enfants. “Nos enfants ont de sérieux problèmes dans la vallée et les actions d’Amnesty sont les bienvenues“, s’est réjoui le roi Agon tout en rassurant de sa disponibilité et de son engagement pour l’épanouissement de l’enfant. Pour la directrice départementale des affaires sociales de l’Ouémé, la protection de l’enfant est au cœur des préoccupations du ministère, donc du gouvernement. Après avoir évoqué des statistiques des cas de grossesses en milieu scolaire, d’abus sexuels et autres dans le département, elle a également rassuré de sa disponibilité à accompagner l’initiative.

 

A.B

Société – Matin Libre

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