Monde du travail et questions sociales : L’Oit dresse un bilan désastreux pour 2021

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La pandémie du coronavirus a impacté le paysage social et le domaine de l’emploi. A son avènement depuis fin 2019, le coronavirus a entrainé des bouleversements dans tous les secteurs d’activité. Un rapport de l’Organisation internationale du travail fait un bilan et des prévisions sur les conséquences de la crise sanitaire sur l’emploi et le climat social dans le monde. Le rapport intitulé ‘‘Emploi et questions sociales dans le monde, tendances 2021” interpelle sur la nécessité d’agir de manière concertée entre dirigeants nationaux et internationaux pour une solution généralisée. Le but de cette synergie d’actions, c’est de retrouver les emplois perdus, dans tous les domaines d’activités pour un climat social amélioré. En effet, le nombre total d’emplois a chuté de 114 millions par rapport à 2019 en raison de l’entrée de travailleurs en chômage ou de leur sortie de la vie active. S’il n’y avait pas eu de pandémie, le monde aurait créé environ 30 millions d’emplois en 2020. Prises ensemble, ces pertes signifient que le déficit mondial d’emplois a augmenté de 144 millions en 2020 ce qui aggrave fortement la pénurie, en termes d’emploi qui existait déjà avant la pandémie. En plus des personnes ayant perdu leur emploi, un lot supplémentaire de nouveaux diplômés s’invite sur le marché de l’emploi. Ce qui accroît le besoin alors que les postes à pourvoir sont considérablement amenuisés par le coronavirus. Il en résulte que de nombreux travailleurs auparavant inactifs qui entreront dans la population active ne pourront pas trouver d’emploi.

Les pays à revenu intermédiaire gravement touchés
La relance de l’emploi et de l’économie dans les pays du tiers-monde dont le Bénin s’annonce difficile. Pour des pays déjà aux prises de la pauvreté, l’avènement de la Covid-19 apparaît comme un véritable paralysant. Dans les pays à revenu faible et intermédiaire, l’accès plus limité aux vaccins et les contraintes plus fortes sur les dépenses budgétaires freineront la relance de l’emploi. Dans le même temps, bon nombre de ces pays n’ont eu d’autre choix que de lever rapidement les mesures de fermeture des lieux de travail, car les niveaux de déficit et de dette publics ainsi que la recrudescence de la pauvreté ne leur permettaient pas de maintenir un confinement sur de longues périodes. Dans ces pays, la croissance annuelle moyenne de la productivité du travail devrait passer d’un taux déjà modeste de 0,9 pour cent pour la période 2016-2019 à un taux négatif de –1,1 pour cent pour 2019-2022. Cette évolution alarmante rend l’objectif d’éradication de la pauvreté d’ici à 2030 encore plus insaisissable, mentionne le rapport.

L’informel, un secteur non épargné
Selon le rapport, les entreprises informelles sont dans la situation la plus précaire étant donné leur incapacité à accéder aux aides publiques liées à la Covid-19 ou aux lignes de crédit formelles. Les travailleurs informels ont également été touchés de façon démesurée par la crise. Environ 2 milliards de travailleurs – soit 60,1 pour cent des personnes employées dans le monde – travaillaient de manière informelle en 2019. Les salariés informels risquaient trois fois plus que leurs homologues formels et 1,6 fois plus que les travailleurs indépendants de perdre leur emploi en raison de la crise, ce qui contribue à l’évolution observée vers le travail indépendant. En outre, en raison de leur statut informel, ils ont moins de chances de bénéficier d’une protection sociale. Comme beaucoup de ces travailleurs ont un taux d’épargne plus faible, ils risquent de s’enfoncer davantage dans la pauvreté. Leur situation déjà défavorable et les graves perturbations de leur vie professionnelle sont susceptibles de nuire à leurs futures trajectoires sur le marché du travail. De plus, les fortes variations régionales dans l’ampleur de l’informalité expliquent en partie les conséquences très inégales de la crise de la Covid-19 d’un pays à l’autre.

Des pistes de sortie de crise envisageables
Dans son rapport sur l’emploi et les questions sociales dans le monde, un rapport rédigé pendant que l’humanité découd progressivement avec le coronavirus, l’Organisation internationale du travail évoque quelques poches de sorties pour la relance de l’économie. Selon le rapport, les gouvernements, en consultation avec les organisations d’employeurs et de travailleurs, doivent saisir l’occasion et s’attaquer aux déficits persistants de travail décent, afin que les marchés du travail puissent être reconstruits de manière plus juste et durable. Comme indiqué dans la Déclaration du centenaire de l’Oit pour l’avenir du travail, une telle entreprise implique de placer « les droits des travailleurs ainsi que les besoins, les aspirations et les droits de toutes les personnes au cœur des politiques économiques, sociales et environnementales ». Une relance centrée sur l’humain devrait se faire, et ce, prenant en compte plusieurs paramètres. Promouvoir une croissance économique de grande envergure et la création d’emplois productifs, grâce à des investissements dans des secteurs qui peuvent être une source d’emplois décents et qui favorisent une transition juste, l’égalité des sexes et des marchés du travail dynamiques. Pour la relance, il est essentiel de veiller à ce que les pays disposent d’une marge de manœuvre budgétaire suffisante pour combler les lacunes existantes en matière d’infrastructures physiques et sociales, et à ce que les économies disposent d’assez de liquidités pour favoriser l’accès au crédit dont le secteur privé a besoin. Soutenir les revenus des ménages et les transitions sur le marché du travail, en particulier pour les personnes les plus touchées par la crise, par des politiques actives du marché du travail, des services publics de l’emploi et des services de soins de qualité fournis par l’État. Les investissements dans ces domaines facilitent la participation des travailleurs au marché du travail et leur permettent d’améliorer leurs perspectives par l’acquisition de compétences plus élevées. Renforcer les fondements institutionnels d’une croissance économique et d’un développement inclusifs, durables et résilients, en améliorant les systèmes de protection sociale, en favorisant la formalisation et en veillant à ce que tous les travailleurs, quels que soient leurs arrangements contractuels, aient le droit à la liberté syndicale et à la négociation collective, bénéficient de conditions de travail sûres et salubres et d’un salaire minimum adéquat. S’engager dans le dialogue social pour élaborer et assurer la mise en œuvre effective de stratégies de relance centrées sur l’humain. Ces stratégies sont mieux conçues et plus efficaces lorsqu’elles sont le fruit du dialogue et de la négociation entre les gouvernements et les organisations d’employeurs et de travailleurs. Des négociations bipartites et tripartites devraient être menées pour traiter des questions essentielles concernant les lieux de travail, notamment la sécurité et la santé au travail.
Gaston AMOUSSOU (Coll.)

Fraternité

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