Parti Les Démocrates: Azatassou révèle les détails sur l’orchestration de l’exclusion

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(Fcbe : Les vraies raisons de la démission de Yayi)

A la soirée politique de la Fondation Friedrich Ebert, jeudi 10 juin 2021, Lazare Sèhouéto, le chargé de mission aux affaires politiques du chef de l’Etat, a laissé entendre que personne n’a exclu Les Démocrates des différentes élections. A ses dires, ils se sont exclus eux-mêmes parce qu’ils ont, dans un premier temps, refusé de se conformer aux dispositions des nouvelles lois sur la réforme du système partisan. Puis, comprenant leur erreur, ils ont tenté de se rattraper mais n’ont pas pu le faire. Accusation que balaie du revers de la main le vice-président du parti Les Démocrates Eugène Azatassou. Il a démontré comment leur exclusion a été orchestrée et conduite de bout en bout. Il a aussi levé un coin de voile sur les vraies raisons de la démission de Boni Yayi du parti Fcbe. Lire le verbatim de ses propos, en réponse à Lazare Sèhouéto.

 

« L’exclusion de la tendance que je représente (Les Démocrates Ndlr) dans le pays a été orchestrée et savamment menée et imparable. En 2019 pour les Législatives, nous n’étions pas d’accord avec l’invention faite par la Cour constitutionnelle du certificat de conformité. Nous avons dénoncé mais nous avons produit tous les dossiers pour avoir le certificat de conformité. Tout était prêt. Nous avons déposé les dossiers au ministère de l’Intérieur pour avoir le certificat de conformité. On nous a fait des corrections et puis, au moment décisif, silence. Nous avons même envoyé un huissier au ministère de l’Intérieur pour dire nos dossiers sont bons, on a déjà corrigé. Pourquoi on ne nous répond pas ? Ils ont refusé de recevoir l’huissier. Et tout est resté comme çà, le calme plat. Les délais sont passés, tous les délais sont passés. Le délai du dépôt des candidatures pour les élections, le délai du 17 mars pour les partis qui étaient constitués avant la loi, et puis après on nous dit, c’est bien, en fait vos dossiers étaient bons, faites un congrès, changez certains responsables ( Komi Koutché, Valentin Djènontin…Ndlr) et on va vous donner votre récépissé. Vous voyez, donc nos dossiers étaient bons. Les Hounkpè, ceux qui ont fait la scission après, n’ont rien ajouté que d’exclure un certain nombre de responsables qui, à l’époque, on avait dit qu’ils avaient des … on n’était pas d’accord. Il n’y avait pas de condamnation, il n’avait rien qui nous obligeait à les enlever de la direction. Nous avons estimé que, dans ce débat-là, c’est leur posture politique qui fait qu’ils ont ces problèmes et que nous, on ne pouvait pas les sanctionner. Nous ne pouvons pas accompagner leur sanction. Les autres ont été entrepris, ils ont fait ça et c’est rien que ça qu’ils ont fait pour avoir le récépissé. Plus aucune pièce n’a été ajoutée au dossier que nous avons déposé depuis décembre. Plus rien n’a été ajouté. Donc, ce n’est pas qu’on ne voulait pas. On a tout fait pour. En 2020, il (Lazare Sèhouéto) a dit pourquoi on n’est pas allé aux communales. Pourquoi est-ce qu’on a boycotté les communales ? Non. Il y a eu la crise au sein de Fcbe. Des sages ont conseillé à nos deux tendances au sein de Fcbe, faites tout, allez aux élections. Après vous pouvez discuter, faire un congrès pour décanter. Nous avons été tous d’accord. C’est pour ça que nous avons mis en place un comité paritaire pour faire tous les dossiers. Leur tendance ne pouvait pas faire les dossiers sans la nôtre, complètement, à moins de faire du remplissage. Le dernier moment, le jour du dépôt, ils (Paul Hounkpè et Cies) ont les dossiers et sont allés se cacher quelque part et ils ont extrait tous les nôtres. Ils ont extrait tous ceux qui étaient à même de gagner, qui étaient postés et qui étaient de notre tendance. C’est ça qui a provoqué la démission de notre président d’honneur et la démission d’un certain nombre. Donc, il y a eu une orchestration de notre exclusion. Et quand je suis le débat du ministre Lazare Sèhouéto, pour dire qu’est-ce qu’on peut faire, moi je disais il faut qu’on se rasseye. Il ne s’agit pas seulement de dire on va corriger les lois puisque les autres en face ne se reprochent rien. Ils ne reconnaissent pas cette orchestration d’exclusion. Les violences, c’est vrai, ça est parti en crescendo. Mais qu’est-ce qui s’est passé ? Les 1er et 2 mai 2019, il y a eu manifestations, c’est un endroit limité. Et il y a eu tire à balle réelle. Des gens ont été abattus. Une femme, mère de 7 enfants, a été abattue. Mais le problème c’est quoi. Quand vous procédez comme-çà, les manifestants, par la suite, qui sont contraints de manifester pour exclusion, ils se disent on va nous abattre. Donc, le problème, c’est quoi ? C’est que si cette gouvernance ne change pas, c’est cette gouvernance d’exclusion qui est la cause des problèmes. Et si ça ne change pas, on risque malheureusement d’aller d’escalade en escalade. Moi je vais appeler le peuple béninois d’être une solution, à dire, ils ne veulent rien concéder, ils ne veulent rien changer et donc par rapport à ça, n’ayez pas peur de la répression, des massacres orchestrés, n’ayez pas peur, ne faites pas la violence pour autant mais protestez tous les jours autant que vous pouvez. C’est ça qui peut être la solution à ce problème. Sinon, s’il avait un petit frémissement de leur part, c’est de nous asseoir et de rediscuter de notre mieux vivre ensemble. Voilà »

Transcription B.H

Politique – Matin Libre

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