Partis politiques pro Rupture: Quelle marge de manœuvre pour les frustrés ?

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A peine trois ans d’expérimentation de la réforme du système partisan au Bénin, et des signes patents de malaise. A l’analyse, il n’est pas exagéré d’affirmer que chez nombre de militants soutiens du pouvoir en place, les attentes ne sont pas en train d’être comblées.

Créer des partis politiques forts, d’envergure nationale, impersonnels, au sein desquels serait assise une vraie démocratie. C’est l’esprit de la réforme du système partisan née sous le régime de Patrice Talon avec une nouvelle charte des partis politiques. Ainsi, à partir de la fin de l’année 2018, les premiers grands ensembles dont le Bloc Républicain (Br) ont commencé à se mettre en place.  A ce jour, outre le Br, il y a l’Up (Union progressiste), Moele Bénin (Mouvement des Elites Engagées pour l’Emancipation du Bénin), l’Udbn (Union Démocratique  pour un Bénin nouveau) et le Prd (Parti du renouveau démocratique) qui soutiennent les actions de la Rupture. Mais au regard des frustrations récurrentes dont certaines sont étalées au grand jour, certains observateurs se demandent si ces soutiens vendus à Patrice Talon sont durables et jusqu’où pourront aller ceux qui se disent frustrés. Avant d’en venir aux deux cas de sanctions récents à Moele Bénin, il y en avait eu d’autres qui ont agité la toile. La démission, il y a quelques jours seulement, d’un des militants témoigne du mal profond qui ronge cette formation politique. Certainement qu’il y en a dans le lot qui ont fait l’option de ruminer à leur niveau, leurs frustrations. A l’Udbn, le feuilleton Aizanon Gildas ne doit pas être occulté. Et, au risque de se tromper, l’Up et le Br semblent détenir la palme. Il faut rappeler les nombreux transbordements de militants qu’il y a eu entre ces deux partis qualifiés de souvent de siamois par l’opinion. Et pour les sanctions comme les démissions, elles ne sont pas pour autant négligeables. Inutile de revenir sur les cas Jean Michel Abimbola et  Lazare Sah avec les 400 militants qui veulent prendre congé du Br, selon une certaine presse.

Sauf à se demander si ces exclus, ces démissionnaires et autres frustrés disposent d’assez de marge de manœuvre. La réponse est visiblement non. A moins de quitter un parti comme le Br pour rejoindre l’Up ou l’Up pour le Br, etc. Une façon de déplacer juste les problèmes puisque ce sont pratiquement les mêmes réalités qui se vivent. Soit, démissionner et cesser de militer dans l’un quelconque des partis de la Mouvance. Sinon, difficile voire impossible pour les concernés de rejoindre l’opposition ou de créer aussi facilement leur propre formation politique  pour prétendre s’épanouir. Mais jusqu’à quand ? Cela pourra-t-il aller au-delà du temps que fera Patrice Talon au pouvoir ? Autrement dit, cette réforme du système partisan est-elle bâtie sur du roc ? Les vrais débats se font-ils au sein des partis politiques ? Des figures politiques ne continuent-elles pas de dicter leurs lois au sein des politiques en lieu et place de la démocratie qui devrait y régner ?

 

Mike M.

Politique – Matin Libre

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