Poches de sécheresse et dégâts de la chenille légionnaire : Deux menaces à prendre au sérieux

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Vigilance. Elle n’est pas partie. La chenille légionnaire d’automne (Cla) qui a secoué le Bénin en 2016 était juste dans l’ombre pour attaquer, à la moindre occasion. Et après la longue séquence de sécheresse en début de la saison pluvieuse, elle vient se positionner en élément perturbateur. Très rapides, se reproduisant en masse et dotés d’une grande capacité de nuisance, ces insectes peuvent détruire tout un champ. L’incidence de l’attaque a été estimée à 40 000 hectares en 2016 pour le maïs, la principale culture vivrière au Bénin. La perte a été estimée à 41 500 tonnes. Les dégâts n’ont pas manqué non plus les années suivantes. Mais cette année, l’attaque vient s’ajouter au stress hydriques enregistré. Les deux menaces cumulées créent des incertitudes dans les champs.

Des séquences sèches prévisibles
S’il y a des raisons d’être surpris par la surenchère autour des produits agricoles cette année, ça ne devrait pas être le cas les mois à venir. Primo, parce que le stress hydrique constaté était bien annoncé par les services de météorologie. « Des quantités de pluies sur la période Mars-Avril-Mai inférieures à la moyenne (1981-2010) au sud du Bénin, (…) des séquences sèches pendant les 50 premiers jours qui seront probablement plus longues que celles habituellement observées dans la plupart des localités du pays ; des séquences sèches en fin de saison plus courtes que celles habituellement observées ».
Et cela n’a pas raté. Par exemple en mai, les écarts de pluie restent dans l’ensemble déficitaires à l’exception de la région du centre. Dans la partie septentrionale, les écarts pluviométriques sont pour la plupart déficitaires aussi. Il y a lieu de se demander plutôt si les producteurs étaient suffisamment avertis de pareils scénarios pour s’adapter. L’adaptation face au dérèglement climatique mérite d’être mieux prise au sérieux, puisque ce n’est que le début.

Les chenilles, des réflexes à avoir
Dans la vague de chaleur, les chenilles ont peut-être trouvé l’environnement favorable pour mieux attaquer. Elles qui, après leurs invasion de 2016 ont élu domicile dans l’ombre pour attaquer, à chaque fois, dès que possible. En réalité, la précipitation, la température et l’humidité constituent des facteurs de multiplication des insectes. Si un des composants du climat est modifié, le cycle de développement de l’insecte l’est également. Les poches de sécheresse avec leur vague de chaleur ont sans doute accélére le cycle de développement d’une menace en veilleuse.
Heureusement, contrairement aux années 2016 et 2017, on devrait pouvoir y faire face au mieux. Les méthodes de lutte alternatives les plus efficaces identifiées sont : une solution de savon Palmida du Bénin à 0,5% ; l’association du maïs avec le soja ou avec l’arachide en lignes alternées ; l’utilisation de l’huile de neem avec respect des indications mentionnées sur l’étiquette du produit. Dans le cadre du Projet d’appui à la lutte contre la chenille légionnaire au Bénin, une équipe spéciale a été créée et une plateforme géoréférencée de suivi de la prévalence des potentiels ravageurs en production végétale a été développée. Ce qui, dorénavant, devrait permettre au Chef du Service de la protection des végétaux d’avoir une vision claire de la prévalence de la chenille légionnaire au Bénin.
Et puisque la crise est déjà là, il faut penser à comment assurer la disponibilité des céréales sur le marché et éviter que, du stress hydrique aux attaques des chenilles, on ne passe à une surenchère de trop les mois à venir, voire à la famine.

Fraternité

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