Port de Pêche de Cotonou : Des aventures infructueuses en mer

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Ces dernières semaines, les pêcheurs se plaignent de la rareté des poissons en mer. Les aventures de pêches sont peu fructueuses et l’ambiance au Port de Pêche de Cotonou est morose.

Port de Pêche de Cotonou. Le jour est à peine levé. Cependant, ce matin du 14 juillet, l’arrivée des pêcheurs crée un vacarme terrible, en concurence avec le bruit de l’océan. De retour de la mer, certains sont occupés à arranger leurs filets pendant que d’autres comptent les quelques poissons ramenés pour les vendre aux marayeuses qui attendent déjà au quai. Ici, le sourire manque sur les visages. La moisson n’est pas à la hauteur de l’énergie déployée et des risques encourus. “Vous pouvez aller en mer à 1 h du matin et revenir à midi avec seulement 12 poissons . Tout comme vous pouvez partir à 5 heures et revenir à 16 h avec toujours une faible quantité”, se plaint Paulin Tossou, un pêcheur rencontré. Il a du mal à expliquer la situation qu’il vit. “Je suis un grand pêcheur . Je suis dans le domaine depuis 10 ans mais cette année je ne comprend pas ce qui se passe . J’ai fait le plein d’essence de 40000 FCFA dans mon embarcation et je reviens avec 20 poissons”.
Parfois, les pecheurs décident d’aller en mer pour 13 ou 14 jours. Dans un contexte de rareté des ressources halieutiques, il faut décupler les énergies pour espérer nourrir sa famille. “Si Dieu vous bénit , vous pouvez trouver assez de poissons lors en mer pour les vendre et nourrir la famille . dans le cas contraire, il va falloir se débrouiller vraiment”, fulmine Pascal, la quarantaine, tête rasée. Ce pêcheur épuisé dit n’avoir capturé que 7 poissons ce matin-là. “Tout dépend de la mobilité des poissons et du climat”, tente-t-il d’expliquer.

Précarité
La pêche n’est pas un jeu. Les acteurs se plaignent surtout de moyens pour arriver à améliorer leurs performances. A les en croire, le manque de moyens financiers et le défaut de matériel adéquat les contraignent à vivre des aventures infructueuses. “Pour s’approvisionner, il faut aller au Ghana. Sans ces matériels, nous ne pouvons pas aller en mer”, a souligné Pascal. En aval de la chaine, les femmes vivent autrement la baisse de la productivité de la pêche maritime artisanale. Parfois, elles sont aussi obligées de mettre la main à la poche. En échange elles bénéficient d’une certaine réduction sur le prix du poisson qu’elles achètent chez les pêcheurs . “ Il y a des femmes qui investissent avec nous pour l’achat des matériels, c’est-à-dire les bateaux et les filets . Dans ces cas , lors de la vente des poissons pêchés en mer , les pêcheurs font une réduction de 200 FCFA sur l’achat des poissons des revendeuses”, explique Marius, un pêcheur.
La saison est connue pour être très peu pourvoyeuse de poissons. “Il fait trop frais et les poissons se font rares. A cause de la fraîcheur, les poissons migrent vers d’autres milieux aquatiques”, déclare Jacqueline Houennouvi . Et les conséquences sont là. ≪ Un poisson que nous achetons à 3000 FCFA chez les pêcheurs , les bonnes dames viennent et nous imposent leur prix .
Elles proposent , 2000 FCFA , 1500 FCFA pour un poisson de 3000 FCFA . Nous avons trop de perte dans la vente des poissons en période de fraîcheur ≫. Le prix du poisson varie donc selon le climat et la hausse du prix du poisson n’est guère appréciée de tous . “Tout est cher et même le poisson qu’on va manger est aussi cher . Qu’allons-nous devenir ?”, demande Florence, une jeune dame qui était présente très tôt ce matin pour s’approvisionner en poissons.
Astride VALETTE & Carine TIAMOU (Stags)

Fraternité

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