Protection des droits de la femme: La Rupture en quête de crédibilité à l’Onu ?

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Jeudi 14 octobre 2021 ! La nouvelle a fait le tour des médias nationaux et étrangers. Le Bénin est élu membre du Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations Unies. C’est avec un score fleuve de 189 voix sur 192 que le Bénin est élu membre de ce conseil pour la période 2022-2024. D’un côté, cela a surpris. Pour les détracteurs du régime de la Rupture, on ne comprend pas comment cela est arrivé. Pour eux, la situation politique nationale faite d’exilés politiques, d’emprisonnement de personnalités politiques ou encore d’élections qui excluent l’opposition, toutes choses qui n’’ont plus été observées au Bénin depuis l’avènement du renouveau démocratique, ne militent pas en faveur d’une élection du Bénin au Conseil des droits de l’homme de l’Onu. Pour les autres, à partir de cette élection, le Bénin se doit désormais de donner toutes les garanties en matière de protection des droits humains. Pour cette dernière catégorie, les choses doivent désormais changer. Beaucoup voyaient déjà, comme prémices  de ce changement, le retour des exilés politiques, la libération des détenus politiques, des prisonniers d’opinion, etc. Ils sont convaincus en cela par la rencontre Talon-Yayi. Mais il n’en est rien, du moins, pas pour le moment.

C’est plutôt sur le terrain de la protection des droits de la femme que le gouvernement de la Rupture s’illustre depuis cette élection du Bénin au Conseil des droits de l’homme de l’Onu. Dans la nuit du 20 au 21 octobre 2021, soit 6 jours seulement après l’élection du Bénin au Conseil des droits de l’homme de l’Onu, l’Assemblée nationale vote deux lois qui renforcent les droits de la femme. Il s’agit de la loi portant modification de la loi n°2003-04 du 03 mars 2003 relative à  la santé sexuelle et à la reproduction et la loi portant répression des infractions commises à raison du sexe et de la protection de la femme en République du Bénin. Mais en réalité, ce sont trois lois qui étaient à l’ordre du jour de la plénière du 20 octobre 2021 à l’Assemblée nationale. La troisième, c’est l’examen du projet de loi modifiant et complétant le Code des personnes et de la famille. C’est une décision de la Cour constitutionnelle qui aura le mérite d’attirer les regards sur cette loi qui, aussi, en rajoute à l’avalanche de lois qui renforcent les droits de la femme. Désormais donc, grâce à la modification du Code des personnes et de la famille, intervenue au lendemain du vote des deux précédentes lois, la femme a son mot à  dire dans le choix du nom de famille du nouveau-né. Désormais, si la femme le désire, son nom  de famille pourrait être ajouté dans le registre d’état civil après le nom de famille du père.

Ce sont donc trois lois qui, en l’espace de quelques jours, sont venues renforcer l’arsenal juridique béninois au profit des femmes. Est-ce juste une coïncidence avec l’élection du Bénin au Conseil des droits de l’homme de l’Onu ? Difficile de répondre par l’affirmatif. On a l’impression que le Bénin, désormais élu au Conseil des droits de l’homme de l’Onu, veut se faire bien voir, en matière du respect des droits de la femme. Et cela a commencé avec la participation de la Vice-présidente Mariam Chabi Talata à la 76e session ordinaire de l’Assemblée nationale générale des Nations Unies. Session au cours de laquelle la candidature du Bénin a été  annoncée.

 

M.M

Société – Matin Libre

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