Retour de 26 œuvres culturelles du Bénin: Au-delà de la restitution, perpétuer le mouvement

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La France s’apprête à restituer au Bénin, 26 œuvres d’arts pillés lors de l’époque coloniale. C’est la première fois qu’un ensemble de pièces quitte ainsi un musée français pour l’Afrique. Ces 26 œuvres d’art du Bénin sont exposées depuis mardi 26 octobre 2021 et jusqu’à dimanche 31 octobre 2021 au musée du Quai Branly à Paris. Emmanuel Macron a inauguré l’exposition. Cette activité officiée par le président français, vient confirmer l’acte de transfert des œuvres qui sera signé le 9 novembre prochain à l’Élysée, en présence du président béninois Patrice Talon. Les pièces seront par la suite transférées à Cotonou. Ces trésors du Bénin, pillés par la France à l’époque coloniale, étaient constitués de portes en bois sculpté, des trônes royaux, des statues qui ornaient autrefois un riche palais et sont conservés par la France depuis plus de 130 ans.

 

Ces restitutions font suite à la demande officielle exprimée par le Bénin et s’inscrivent dans la volonté affichée d’Emmanuel Macron, de restituer des œuvres culturelles prises pendant la colonisation en Afrique. Il avait notamment affirmé son ambition lors de son discours de Ouagadougou, le 28 novembre 2017, durant lequel il avait plaidé pour une refondation du partenariat culturel entre la France et l’Afrique.

 

Aller plus loin…

La décision de restitution  faisait suite au rapport des universitaires Bénédicte Savoy, du Collège de France, et Felwine Sarr, de l’Université de Saint-Louis au Sénégal. Les deux spécialistes y avaient posé les jalons pour une restitution à l’Afrique subsaharienne, d’œuvres d’art premiers transférées pendant la colonisation, recensant des dizaines de milliers d’œuvres potentiellement concernées. Au-delà des 26 œuvres en cours de transfert au Bénin, plusieurs autres œuvres du patrimoine africain séjournent dans les mêmes conditions, dans des musées un peu partout en Europe. La restitution de ces quelques œuvres parmi les milliers pillés au Bénin, devrait constituer le point de départ d’une vaste opération de rapatriement du patrimoine africain. La restitution est si nécessaire pour permettre aux peuples africains, de jouir de leurs biens culturels et d’en manifester la fierté, mais aussi pour que comme l’affirmait le président français,  « la jeunesse africaine ait la possibilité d’accéder à son patrimoine, à son histoire, en Afrique ». Restituer ces biens, c’est rendre à l’Afrique sa fierté et sa dignité et au-delà, favoriser une nouvelle donne dans les relations franco-africaines contribuant ainsi à un nouvel essor économique de l’Afrique basé sur le tourisme de masse. Si l’acte posé par le président français est salutaire, il n’en demeure pas moins qu’il mérite d’être perpétué.

Thomas AZANMASSO

Culture – Matin Libre

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