Robert Gbian, Pvp de l’Assemblée nationale du Bénin : « Le social, c’est aussi se sacrifier pour les compatriotes vulnérables… »

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Depuis son élection comme Premier Vice-Président de l’Assemblée nationale en remplacement de Mariama Chabi Talata Zimé Yerima devenue Vice-Présidente de la République, le député Robert Gbian s’est fait rare dans les médias. Dans un entretien accordé à votre journal, l’homme, Secrétaire général national adjoint du parti Bloc Républicain, parle à nouveau. Entre autres sujets abordés au cours de l’entretien, il y a la situation des démissions de militants au niveau du parti, le fonctionnement du Parlement avec l’image qu’elle projette dans l’opinion publique et ses attentes du second quinquennat du président Patrice Talon.

Du poste de 2ème Vice-Président au poste de 1er Vice-Président de l’Assemblée nationale au cours d’une même législature. Qu’est-ce qu’on ressent ?
De la fierté, de la satisfaction, de la reconnaissance vis-à-vis de mes collègues qui ont, de façon consensuelle et unanime, porté leur choix sur ma personne. Qu’il vous souvienne, j’ai été élu à l’unanimité des députés présents et représentés et toutes tendances confondues. A cet effet, je voudrais profiter de votre tribune pour dire, une fois de plus, ma gratitude à l’endroit de mes collègues parlementaires pour la confiance placée en moi.

Depuis votre élection au poste de premier Vice-Président de l’Assemblée nationale, comment se passent les choses ? Est-ce que c’est vraiment différent du poste du deuxième Vice-Président que ?
La différence est dans le titre. La mission reste la même que vous soyez simple député, président d’une commission permanente, président de groupe parlementaire, président du Parlement, premier Vice-Président ou deuxième Vice-Président. Chaque député est avant tout un élu du peuple et au service du peuple. Chaque député est d’abord appelé à représenter dignement ses mandants. C’est ce que nous essayons de faire depuis notre entrée au Parlement. Nous y attachons du prix.

Un mot sur le fonctionnement du Parlement, 8ème législature. Cela fait déjà deux ans qu’elle est installée et on vous entend à peine comparativement aux législatures précédentes.
Tout ce qui est bien ne fait pas du bruit et tout ce qui fait du bruit ne fait pas forcément du bien. La 8ème législature travaille sans bruit. Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de débats houleux au cours de cette législature que l’institution ne joue pas son rôle. L’Assemblée nationale, 8ème législature, fonctionne normalement. Les lois sont votées conformément aux textes de la République. Le contrôle de l’action gouvernementale se fait. Les députés ne manquent aucune occasion pour être aux côtés des populations en cas de nécessité. Je dirai que notre vœu d’avoir un Parlement moderne et véritablement au service du peuple se concrétise. Aussi, l’administration parlementaire connaît-elle de nombreuses réformes pour lui permettre de s’adapter aux défis actuels.

Quelques exemples de ce qui a été fait jusqu’ici.
Je viens de vous dire que l’Assemblée nationale joue les rôles que sont les siens. De façon spécifique, en ce qui concerne nos contacts avec le peuple que nous représentons, pas plus tard que le mercredi 14 juillet 2021, une délégation du bureau de l’Assemblée nationale en plus de certains députés est allée toucher du doigt les dégâts causés par la sortie du Lac Ahémé de son lit dans le département du Mono. Ce fut le cas auprès des victimes des inondations qui ont endeuillé plusieurs familles du Nord Bénin suite à la montée des eaux des fleuves Niger et Okpara en 2020. Sur le plan des réformes, j’ai l’habitude de dire que ceux qui seront appelés à diriger l’Assemblée nationale du Bénin au cours des prochaines législatures auront des facilités de gestion. Et pour causes. Les réformes entreprises par le Parlement, 8ème législature sont très salutaires. Nous avons concrétisé la révision du Règlement intérieur que nous nourrissions de tous nos vœux depuis plusieurs années et surtout depuis la 7ème législature. L’assainissement des finances de l’institution est devenu une réalité avec l’installation des structures d’accompagnement comme la Cellule d’audit interne rattachée à l’autorité du président de l’Assemblée Nationale, la Cellule de contrôle des marchés publics (CCMP) et la Personne responsable des marchés publics (PRMP). Des cadres de l’administration parlementaire ont été promus à des postes de responsabilité ; ce qui renforce les capacités d’actions de l’institution et facilite les procédures. Cette dynamique dans laquelle s’investit le Parlement aujourd’hui est en droite ligne avec celle qu’insuffle le gouvernement au pays depuis cinq ans. Nous ne pouvons pas nous en éloigner parce que c’est du Bénin qu’il s’agit

Vous êtes le Secrétariat général national adjoint du parti Bloc Républicain (BR). Dites-nous comment se porte-t-il, aujourd’hui ?
Le parti Bloc Républicain se porte bien et ses militantes et militants s’organisent sur le terrain pour le faire grandir davantage.

Vous dites que le BR se porte bien, mais ces dernières semaines, le parti a enregistré plusieurs démissions et même dans les rangs des conseillers communaux. Pourquoi toutes ces démissions ?
Nous ne pouvons pas nier le fait que le Bloc Républicain connaît en ce moment quelques soubresauts dans quelques localités de notre pays du fait des démissions dont vous parlez, mais cela ne remet aucunement en cause le dynamisme que le parti connaît depuis sa création. Nous avons réussi à fédérer nos formations et mouvements politiques pour créer le Bloc Républicain à la faveur de la réforme du système partisan en 2018. Nous avons ensuite réussi à faire élire des députés, des conseillers communaux et municipaux voire des maires. Lorsqu’un parti politique compte dans ses rangs des députés, des maires et même des ministres, on ne peut pas dire que ce parti se porte mal. Mieux, nous enregistrons chaque jour des adhésions et d’autres personnalités politiques aussi influentes les unes que les autres sont prêtes à nous rejoindre. Par ailleurs, le Bloc Républicain s’emploie, en ce moment, à installer ses structures décentralisées au niveau des communes, des arrondissements, des quartiers de villes et des villages. C’est dire que nous travaillons pour l’enracinement des idéaux de notre parti politique sur toute l’étendue du territoire national.

Vous semblez ignorer la question des démissions !
Je viens de vous dire que le Bloc Républicain enregistre des adhésions et cela se passe sans tambour ni trompette. Pourquoi les démissions doivent être évoquées avec du bruit ? Chaque parti politique, à des moments donnés de son existence, enregistre des démissions comme des adhésions. Cependant, cela ne fait pas disparaître le parti surtout lorsque les militantes et militants fidèles sont déterminés à faire triompher ses idéaux.

La plupart des démissionnaires parlent de frustrations et de problèmes de gestion des ressources humaines du parti.
C’est bien de le dire, mais ç’aurait été mieux de remonter ces questions vers les responsables du parti pour des pourparlers en vue de trouver des solutions. Je dois dire ici que l’un des principes fondamentaux du Bloc Républicain est le respect scrupuleux des textes du parti, mais le dialogue reste une arme que nous ne cessons d’utiliser. Il y a eu des démarches vers des militantes et militants qui se sont plaints du fonctionnement du parti. Le Secrétaire général national, Abdoulaye Bio Tchané, s’est en personne déplacé vers des militantes et militants dans certaines localités du pays. Des députés ont mené des démarches pour apaiser des tensions. Les portes du Bloc Républicain ne sont pas fermées et nous vous rassurons que ceux qui se sentent toujours attachés aux idéaux du parti y ont leurs places. L’essentiel est de prouver à la face du monde que la réforme du système partisan pour laquelle nous nous sommes battus est une réalité et porte ses fruits. Les fruits, c’est la construction de notre pays pour laisser un héritage heureux aux futures générations. Cela ne sera possible que si nous unissons nos forces ; d’où la nécessité de grands ensembles politiques comme le Bloc Républicain.

Le deuxième mandat du président Patrice Talon est désormais lancé avec sa réélection au premier tour du scrutin du dimanche 11 avril dernier. En tant qu’acteur politique, qu’attendez-vous de ce second mandat ?
Comme vous l’avez vous-même dit, nous sommes pleinement dans le second mandat du président Patrice Talon. Il ne s’agit donc plus d’attente puisque nous savons déjà de quoi le gouvernement du président Patrice Talon est capable. Le bilan du premier quinquennat prouve à suffisance que le développement du Bénin est irréversible sauf si une catastrophe naturelle survenait. Le Programme d’actions du gouvernement pour la période 2016-2021 a été globalement très bien exécuté et les fruits ont tenu la promesse des fleurs. En d’autres termes, le premier quinquennat du président Patrice Talon, a démontré qu’avec la volonté politique, nous pouvons développer notre pays. Le second quinquennat sera, sans aucun doute, fécond puisque le gouvernement est dans une dynamique de continuité. Les mécanismes de mobilisation des ressources financières pour les grands projets d’infrastructures sont maîtrisés ; ce qui fera gagner du temps dans leur réalisation.

Dans son discours d’investiture au Stade Charles de Gaulle à Porto-Novo le 23 mai dernier, le président Patrice Talon disait que le second quinquennat sera hautement social. Vous qui avez si tant foi en l’homme, qu’est-ce que cela signifie pour vous ?
D’abord, il faut dire que le président Patrice Talon, lorsqu’il fait une promesse il l’honore. Tout ce que nous connaissons aujourd’hui comme réalisations que ça soit dans les domaines de l’énergie électrique, de l’eau, des infrastructures routières et sociocommunautaires, des réformes politiques et institutionnelles, dans l’assainissement des finances publiques et j’en passe, il les avait promis en début du premier quinquennat. Alors, lorsqu’il dit que son second quinquennat sera hautement social, il faut y croire. Ce sera une amplification de ce qui se fait déjà puisqu’il serait injuste de dire qu’il n’y a pas eu du social au cours du premier quinquennat.

Croyez-vous vraiment que les Béninois ont tous la même compréhension du social ?
Je vois là où vous voulez en venir. Effectivement, le social répond à des principes et des règles bien définis. Ça peut se traduire par l’allègement des mesures fiscales pour certaines catégories de contributeurs à l’économie nationale. Ça se traduit déjà dans les actions du gouvernement comme la construction des adductions d’eau villageoise, l’extension des réseaux de fournitures d’eau potable, la construction de plusieurs infrastructures sociocommunautaires de développement comme les centres de santé, les logements sociaux, la prise en charge des malades dans les hôpitaux, la construction des infrastructures marchandes modernes, l’octroi des microcrédits, le développement de l’agriculture à travers le Fonds national de développement agricole (FNDA) et d’autres actions. Le plus important est que chaque citoyen de ce pays comprenne que nous venons de très loin dans la lutte contre la pauvreté et nous n’avons pas droit à l’échec dans notre nouvelle marche vers le développement. Le social, c’est aussi se sacrifier pour nos compatriotes qui sont vulnérables.

Qu’avez-vous à dire que nous n’avez dit ?
Je vous remercie pour cette opportunité que vous m’avez offerte pour me prononcer encore une fois sur l’actualité sociopolitique de notre pays. Je profite de l’occasion pour inviter mes compatriotes à ne jamais céder à la fatalité. Nous devons continuer de nous battre pour le développement de cette Nation. L’amour de la patrie doit être notre leitmotiv chaque jour que Dieu fait.
Propos recueillis par Karim Oscar ANONRIN

Fraternité

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