Togo/Covid-19: Le président Faure dans le ‘’hautement social’’

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(Les Béninois, eux, continuent d’espérer)

Ouf de soulagement pour les parents d’élèves en cette veille de rentrée scolaire. Pour l’année académique 2021-2022 qui démarre en septembre prochain, ils n’auront à payer ni frais d’inscription, ni scolarité dans les collèges et lycées publics. En plus de cela, l’Etat togolais prend en charge, pour ses compatriotes, la tranche sociale des factures d’eau et d’électricité pour le mois d’août 2021. C’est la décision prise par le gouvernement togolais, ce samedi 21 août 2021. Elle entre dans le cadre des mesures d’atténuation des effets de la pandémie du Covid-19.

 

Aussitôt prise, la décision a inondé les réseaux sociaux au Bénin, comme si les Béninois s’attendaient  à une pareille annonce de la part du gouvernement de la Rupture. Et pour cause, le caractère hautement social de la décision. En effet, dans les collèges et lycées publics se trouvent les enfants des couches modestes et démunies de la population, ceux qui n’ont pas les moyens d’envoyer leurs enfants dans les établissements d’enseignement privés. En cette veille de rentrée, nul n’ignore par quelle situation ils doivent passer. Acheter les fournitures, coudre les tenues, payer l’inscription et la scolarité en cette période de morosité économique est un vrai casse-tête pour cette catégorie de citoyens. La preuve, le désert autour des stands de vente de fournitures scolaires, à moins d’un mois de la rentrée, est évocateur de la situation de précarité que traversent les ménages. Pour le moment,  le souci, c’est plutôt comment assurer aux enfants au moins deux repas par jour. La rentrée, on y pense dans un futur proche, sans trop savoir comment parvenir à satisfaire à toutes les exigences qu’elle implique. C’est dans ce contexte que l’annonce du gouvernement togolais  est intervenue. Du coup, certains se disent voilà un gouvernement qui pense vraiment aux souffrances de son peuple.  Car, à y voir de près, cette décision constitue un souci de moins pour les parents qui doivent maintenant se concentrer uniquement sur l’achat des fournitures scolaires.

Pour un mandat annoncé hautement social, le gouvernement de la Rupture ne devrait-il pas aller à l’école du voisin de l’ouest ? C’est vrai que des choses ont été faites depuis le début de la pandémie pour soulager les difficultés des couches vulnérables. Mais, jusque-là, elles concernent les secteurs d’activités directement impactés par les mesures de restriction prises au début de la pandémie. C’est le cas par exemple de l’aide apportée par le gouvernement béninois aux artisans, les promoteurs d’hôtels, de sites touristiques, etc. Et ces mesures ont été prises avant le mandant annoncé ‘’hautement social’’. La particularité de la décision du gouvernement togolais est qu’elle n’a pas fait de différence entre les personnes dont les activités ont été directement impactées par les mesures prises afin de contrer la Covid-19 et le reste de la population. Puisque, de toute manière, directement ou indirectement, les effets néfastes de la crise sanitaire se font sentir dans tous les ménages, cette mesure impacte tous ceux qui ont des enfants dans les collèges et lycées publics.

En ce moment où les marchands, vendeurs et vendeuses au bord des rues subissent le contrecoup de l’opération de déguerpissement des abords des voies et des espaces publics, toute chose qui en rajoute aux difficultés des parents en cette veille de rentrée, le gouvernement de la Rupture va-t-il enfin annoncer une bonne nouvelle ? Est-il aussi sensible que celui d’à côté pour lire sur le visage des populations  toute la peine qu’elles ressentent et décider d’alléger un tant soit peu leur fardeau ?  Les Béninois, en tout cas, espèrent.

M.M

Société – Matin Libre

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